Après trois semaines de grève en juillet, puis trois semaines à la reprise en août, 8 000 personnes ont manifesté à Madrid samedi 12 septembre pour dénoncer l’accord proposé par Airbus et la médiation du gouvernement espagnol.

Lors des négociations, la direction d’Airbus a estimé que l’assemblée des grévistes ainsi que les syndicats qui accompagnaient la grève n’étaient pas les bienvenus. Et les négociateurs du ministère du Travail n’ont rien trouvé à y redire !

Sur une banderole, on pouvait donc lire : « Ministères médiateurs, ministères traîtres ».

Ce mouvement change des grèves habituelles : des milliers en grève illimitée, sur plusieurs sites en même temps et avec une organisation en assemblées générales où la parole circule, les votes se font à main levée et les coups bas des syndicats sont dénoncés. L’état d’esprit se voit sur les banderoles des grévistes : « Les travailleurs décident, les syndicats obéissent ».

Le mouvement est parti de l’imposition de la fin des deux jours de télétravail, puis s’est rapidement élargi à d’autres revendications permettant de fédérer tous types de travailleurs : augmentation des salaires pour un rattrapage significatif de l’inflation, maintien de la gratuité de la cantine et des bus, fin d’un système de contrôle des arrêts maladie particulièrement injuste…

La plupart des syndicats ne se joignent désormais plus à la grève, certains l’ayant d’ailleurs ignorée depuis le début, elle est pour l’instant suspendue et un accord est soumis à référendum la semaine du 14 septembre. Cet accord, s’il est meilleur que ce que voulait imposer la direction initialement, entérine des reculs : la cantine sera bien payante, même si moins que prévu, le télétravail restera à deux jours (mais comment ne pas envisager qu’il y aura des pressions pour revenir au travail, comme cela se fait partout ?), il y aura une hausse des salaires de 8 % sur quatre ans (ce qui est bien loin des 18 % revendiqués au début et ne permettra jamais de rattraper les dix dernières années !). Ces avancées sont tout de même à mettre à l’honneur de cette grève pour la dignité qui, sans nul doute, en inspirera d’autres… à commencer par les salariés d’Airbus eux-mêmes, qui menacent bien de reprendre la grève après le référendum.

Correspondante