À l’appel du Collectif pour la réintégration des lycées dans l’éducation prioritaire (Clep), un mouvement de grève de rentrée mobilise plusieurs lycées de la banlieue populaire de Lyon (Frédéric-Faÿs et Pierre-Brossolette à Villeurbanne, Jacques-Brel à Vénissieux, Robert-Doisneau à Vaulx-en-Velin). Ce collectif porte la revendication du retour à un véritable dispositif d’éducation prioritaire, dont les lycées ont été exclus en 2015. En jeu : un abaissement du nombre plafond d’élèves par classe, plus d’argent pour le matériel scolaire et une prime pour le personnel enseignant et non enseignant.

À Pierre-Brossolette, la grève a débuté au premier jour d’une rentrée chaotique (emplois du temps non fonctionnels, manque de profs, d’AED, de CPE, d’AESH, d’assistants sociaux, sur fond de bug massif de l’application Pronote qui occasionne une confusion énorme chez les élèves et les collègues). Jeudi 3 septembre, quatre des lycées du Clep étaient en grève, rejoints par le lycée Lumière (Lyon 8e). Au lycée Faÿs (Villeurbanne), la grève entamée le 3 septembre a été suivie par une large majorité d’enseignants, dont la totalité de la section professionnelle. Il faut dire que les collègues ont appris par une notification informatique au début de l’été la disparition des primes qui avaient été maintenues dans les lycées professionnels malgré leur sortie du dispositif éducation prioritaire. Environ 200 grévistes se sont réunis devant le rectorat, sourd aux casserolades et chants pourtant nourris. À l’issue d’une assemblée générale inter-lycées, avec le soutien de parents d’élèves et d’étudiants de Lyon 2 en lutte pour défendre les « sans-facs » (ceux d’entre eux qui se voient refuser une place à l’université), les grévistes ont majoritairement voté la reconduction de la grève au lendemain, en essayant parallèlement de se réunir ville par ville. Une audience collective a finalement été proposée aux différents lycées représentés, fixée le mardi 8 septembre. Détail piquant, c’est un agent de sécurité qui, à l’interphone du rectorat, a averti les collègues que les chefs d’établissement avaient reçu un mail en ce sens !

La grève s’est poursuivie le vendredi, avec piquets devant les lycées, AG puis rassemblement devant les différentes mairies et de nouveau devant le rectorat. Le pourcentage de grévistes faiblit globalement mais avec des variations locales non négligeables – la vie scolaire, absente du mouvement jusqu’au 3, est totalement en grève à Faÿs le 4 septembre. Le personnel mobilisé a décidé de maintenir la pression la semaine à venir, par la grève ou le rassemblement devant le rectorat lors de l’audience inter-lycées, avant de décider des suites à donner. Dans le contexte d’une rentrée ponctuée d’incidents violents (tirs de pétard, départ de feu en classe à Vénissieux), d’autres lycées concernés par les mêmes problèmes pourraient rejoindre le mouvement.

Correspondante