
Le 24 août, les États-Unis ont lancé une offensive économique, « Economic Outcast », contre l’Iran, en menaçant d’expulsion du « système dollar » les États ‒ à commencer par la Chine, principal acheteur de pétrole iranien ‒, banques, entreprises et hommes d’affaires qui continueraient à contourner les sanctions contre la république islamique, notamment dans les domaines des actifs numériques, de la technologie, de l’or, de l’aviation et du transport maritime.
Une tentative d’asphyxier le pouvoir iranien, alors que six mois après l’offensive « Epic Fury » du 28 février 2026, Trump n’a atteint aucun de ses objectifs stratégiques : le régime est toujours en place, le détroit d’Ormuz toujours fermé et les États-Unis toujours confrontés à des pénuries de munitions… Le tout à maintenant moins de trois mois des élections de mi-mandat de novembre 2026.
Mais, le 30 août, un mois après les derniers échanges de tirs, les États-Unis ont frappé l’île iranienne de Larak, dans le détroit d’Ormuz, y faisant deux morts, car les forces iraniennes s’apprêtaient selon eux à lancer « des roquettes chargées de mines marines ». L’Iran a riposté en attaquant des installations en Jordanie et aux Émirats arabes unis.
Échec militaire et lutte pour la survie
La république islamique d’Iran tient bon depuis six mois en faisant pression sur les États-Unis et leurs alliés régionaux à coups de missiles, de drones et de blocage du détroit d’Ormuz, tout en ralentissant délibérément les négociations pour obtenir de nouvelles concessions diplomatiques. Mais sa crise interne est loin d’être réglée. Pour éviter une nouvelle vague de contestation, le pouvoir intensifie les opérations des milices Bassidj, le bras armé des gardiens de la révolution qui tiennent les rênes du pays, multiplie les exécutions massives de manifestants et de prisonniers politiques, les arrestations de militants, d’artistes, de journalistes et photographes, il criminalise les contacts avec l’étranger et renforce le contrôle moral en fermant des cafés, restaurants et clubs sportifs – notamment ceux qui sont fréquentés par les jeunes et les femmes. Cette escalade, justifiée par la « sécurité nationale », cache mal la fragilité et la peur d’un régime qui joue sa survie.
Les raisons de se révolter sont plus nombreuses que jamais pour les classes populaires, tant contre le pouvoir en place que contre les États-Unis, qui bombardent et asphyxient la société. Le taux de pauvreté atteint environ la moitié de la population, les coupures d’électricité répétées, la dépréciation de la monnaie, la flambée des prix des produits de base, comme le riz, le lait ou les médicaments, l’inflation de près de 70 % font de la survie quotidienne un combat… que les nouvelles sanctions de Trump vont sans aucun doute rendre plus difficile encore.
Jean-Baptiste Pelé