Le 22 septembre, après dix mois d’occupation, les travailleurs et travailleuses privés de logement qui occupaient le siège de Grenoble-Alpes Métropole depuis le 19 novembre 2025 ont obtenu leur relogement. Livreurs à vélo, aides à domicile, salariés de la restauration, familles avec enfants… ils étaient environ 150 à avoir occupé la métropole pour exiger un toit. Pendant dix mois, ils se sont organisés collectivement, notamment en assemblées générales, pour discuter et décider des actions à mener, des stratégies, mais aussi de la vie quotidienne de l’occupation.

Un rapport de force qui impose la mise à disposition de logements vacants

Une vingtaine de logements ont finalement été mobilisés par la métropole, plusieurs communes et l’établissement public foncier local, propriétaire des bâtiments, à Échirolles, Eybens, Gières, Grenoble, La Tronche, Pont-de-Claix, Saint-Égrève, Saint-Martin-d’Hères ou encore Seyssinet-Pariset. La plupart de ces logements étaient des bâtiments vacants depuis longtemps. Voilà qui permet de mesurer ce que cette lutte a arraché. Pendant dix mois, la préfecture et les élus ont expliqué aux familles qu’il fallait attendre, négocier, entrer dans les « circuits classiques », que ceux qui se mobilisaient risqueraient, par l’occupation, de prendre la place de personnes dans les hébergements d’urgence existants… Puis, sous la pression de l’occupation, des solutions d’hébergement dans des logements inoccupés ont été trouvés.

Cette victoire est le résultat de dix mois de mobilisation, d’interpellations, de manifestations et de solidarité avec d’autres secteurs en lutte.

Car des logements, il y en a. Ce qui manque, c’est leur mise à disposition pour répondre aux besoins de celles et ceux qui en manquent, dans une société qui se prétend développée mais qui laisse sans logement un grand nombre de familles populaires alors que des immeubles entiers sont vides.

Une lutte qui doit se poursuivre

La lutte ne s’arrête pas avec la fin de l’occupation de la métropole. Une vingtaine de personnes ayant rejoint l’occupation au cours des derniers mois restent sans solution. Et dans l’agglomération, des milliers de personnes restent privées de logement, victimes et menacées d’expulsion ou contraintes de vivre dans des logements indignes.

Logement pour tous, papiers pour tous : c’est ça, l’égalité des droits !

Aucune famille populaire ne devrait dormir dans la rue ni craindre pour sa sécurité en recourant aux services de marchands de sommeil. Le risque de finir à la rue est un moyen de pression utilisé contre l’ensemble des travailleurs, pour les affaiblir et les diviser. Pour faire retirer cette menace, il faudra imposer la régularisation de l’ensemble des sans-papiers, la réquisition des logements vacants et l’expropriation des grands multi-propriétaires. Et c’est par des luttes déterminées et organisées, à l’image de celle des occupants de la Métro, qu’il sera possible de gagner.

Correspondantes