Dans les derniers chiffres publiés, l’Insee rapportait que le taux de chômage avait augmenté de 0,2 point au deuxième trimestre de cette année pour atteindre 8,3 %, son plus haut niveau depuis l’automne 2020, en plein Covid, et se rapprochant du niveau de 2017. Il enregistre sa sixième hausse consécutive et augmente pour toutes les tranches d’âge. Le nombre global de demandeurs d’emploi (catégories A, B et C) atteint 5,8 millions de personnes, tandis que ceux sans aucune activité sont 3,3 millions, soit une augmentation de 1,3 % sur le trimestre et 3,2 % sur un an. Il est bien loin le temps des promesses de Macron d’aller vers la fin du chômage !
Cette catastrophe sociale se traduit par des centaines de milliers de personnes jetées à la rue ou contraintes de subsister grâce aux banques alimentaires. Quant aux travailleurs encore en activité, ils subissent de plein fouet une aggravation de l’exploitation par la pression pour accepter des conditions de travail dégradées et des salaires de plus en plus insuffisants. Cette offensive patronale contre les travailleurs ne semble pas près de s’arrêter. La CGT recensait dernièrement 546 plans de licenciements au cours des derniers mois et 120 000 emplois perdus ou menacés. Et la série noire continue : IBM, 300 emplois menacés ; Capgemini, jusqu’à 2 400 postes supprimés ; FedEx, 500 postes supprimés ; Société générale, 1 800 suppressions de postes prévues d’ici 2027 ; ArcelorMittal, plan social prévoyant la suppression de 608 postes ; Bosch, fermeture d’une usine annoncée, 265 salariés concernés… Cette liste est loin d’être exhaustive et concerne des entreprises qui, pour la plupart, accumulent des records de bénéfices.
Du côté du gouvernement, les attaques contre les chômeurs se sont succédé, par deux réformes importantes en 2021 et 2023, et toute une série de mesures ciblées attaquant telle ou telle catégorie. Aujourd’hui, il faut notamment l’augmentation de la durée nécessaire de travail pour toucher des indemnités chômage, portée à six mois, et la réduction d’environ 25 % des allocations depuis 2017, alors que plus de la moitié des 2,7 millions de personnes indemnisées touchent actuellement moins de 1 000 euros net mensuels, tandis que l’allocation moyenne s’élève à 1 040 euros…
La dernière attaque en date concerne les salariés quittant leur travail après une rupture conventionnelle. Cette procédure date de 2008. Même si des travailleurs peuvent parfois en profiter, elle permet aux patrons d’éviter les frais liés à un plan de licenciement classique et d’empêcher tout contentieux, le salarié signant son propre licenciement. À partir du 1er septembre, la durée d’indemnisation sera réduite de 18 à 15 mois pour les moins de 55 ans, soit trois mois de moins, et deux mois de moins pour les 55 ans et plus.
En réponse à ces attaques, il faudra imposer aux capitalistes et à l’État des revendications à la hauteur de l’offensive patronale : embauche massive dans les services publics, interdiction des licenciements et partage du travail entre tous et toutes sans diminution de salaire.
Michel Grandry