Cet été a été marqué par de nombreuses manifestations étudiantes contre le gouvernement central et les gouvernements fédéraux indiens. À la suite d’insultes de la part du gouvernement, des étudiants se sont énervés sur les réseaux sociaux, ce qui a conduit à des manifestations à New Delhi au mois de juin, puis à de plus importantes encore au mois de juillet. Le parti du peuple des cafards (CJP)1, devenu dirigeant de la mobilisation, a, par l’intermédiaire de son leader, Abhijeet Dipke, a annoncé la victoire contre le gouvernement Modi à la suite de la démission du ministre de l’Éducation nationale, Dharmendra Pradhan. Le parti cherche à s’organiser politiquement pour tenir dans la durée et organise une manifestation le 5 septembre prochain contre la répression du gouvernement envers les étudiants.

Premiers reculs gouvernementaux, la mobilisation a-t-elle gagnée ?

Le 20 juillet dernier, le sit-in organisé par le CJP, rejoint par les organisations de jeunesse et soutenu par les partis d’opposition, a été réprimé par le gouvernement du BJP (Parti indien du peuple, parti de Modi). La répression a été telle que les vidéos virales d’étudiants frappés ont fait le tour des réseaux sociaux et ont enflammé davantage la détestation de ce gouvernement par les étudiants et les jeunes sans-emploi. Lors de cette manifestation, les revendications des manifestants concernaient principalement la démission du ministre, des sanctions plus sévères contre les fraudeurs aux examens, et une tenue plus sérieuse des examens nationaux (éviter les fuites, les maintiens de sujets fuités, etc.). Le 25 juillet, Pradhan démissionnait, et après quelques jours de négociations, le CJP annonçait le 1er août que les revendications avaient été acceptées. Il s’agissait de la démission du ministre, ainsi que l’indemnisation financière des familles des étudiants qui s’étaient suicidés après l’annulation du Neet (l’examen national unique pour entrer en médecine), ainsi que de l’absence de poursuites contre les étudiants mobilisés.

La perspective alors portée par le leader Dipke était de se rendre dans les écoles de tout le pays et de filmer leur état. L’organisation s’est alors de plus en plus affichéee comme un groupe de pression pour défendre l’école publique et alerter sur les conditions dégradées qui y sévissent. Pour ce faire, le CJP a organisé des comités dans tout le pays pour pérenniser son activité.

Toutefois, dans de nombreux États, la mobilisation ne s’est pas arrêtée

À l’appel du CJP. Le 10 août à Ranchi, dans l’État du Jharkand, et le 25 août à Patna, dans l’État du Bihar, se sont déroulées de nouvelles manifestations de jeunesse, mettant principalement en avant des revendications sur les examens et les conditions de vie des jeunes sans-emploi. La répression importante, la concurrence des organisations de jeunesse traditionnelles ainsi que le maintien d’une ambiance de lutte dans la jeunesse, ont poussé le CJP à appeler à une nouvelle date de mobilisation à Delhi le 5 septembre prochain. La colère continue à s’exprimer. A signaler, mais alors que des grèves sur les salaires et pour les conditions de travail existent dans quelques États, sans qu’aucune organisation de jeunesse ne cherche à s’y lier.

Victor Roux

1  Le Cockroach Janta Party (CJP) est un mouvement de contestation de la jeunesse indienne fondé en mai 2026, en réponse sur le mode de la provocation satirique aux propos tenus par le président de la Cour suprême de l’Inde qui avait comparé à des cafards les jeunes chômeurs en lutte.