
Jeudi 27 août, le syndicat patronal a procédé à un entretien d’embauche en direct pour choisir celui ou celle qui servira ses intérêts à partir de 2027. De Mélenchon à Le Pen, aucun des sept candidats présélectionnés n’a remis en cause cette mise en scène qui montre que le vrai pouvoir n’est pas dans les urnes ou à l’Élysée, mais dans les conseils d’administration des grands groupes.
Ce n’est pas une élection qui pourra chasser le Medef du pouvoir
Le « bloc central » de ceux qui ont gouverné dans un passé récent (des écologistes à la droite) n’avait plus à prouver sa volonté de se mettre au service du patronat. Pour eux, les « entreprises » (comprendre leurs patrons) seraient « essentielles ». Le rôle des politiques consisterait seulement à leur donner toujours plus. Après 20 ans de Macron, Hollande et Sarkozy, ces patrons qui pleurent la bouche pleine empochent chaque année plus de 200 milliards d’euros de subventions et allègements de charges – environ la moitié du budget de l’État. Le Code du travail, l’assurance maladie et l’assurance chômage, les retraites, l’éducation… tout est « réformé » en permanence à leur profit et contre les intérêts des classes populaires.
Marine Le Pen, elle, s’est démenée pour rassurer la bourgeoisie en promettant des budgets d’austérité qui n’ont rien à envier à ceux de Lecornu et en bégayant sur les retraites : départ non plus à 60 ans mais plutôt à 62 et après 42 ans de cotisation… Autant dire le « droit » de partir à peine avant de crever au boulot mais uniquement avec le minimum vieillesse ! L’extrême droite montre qu’elle est toujours prête à obéir servilement aux ordres du capital.
Si les corbeaux et les vautours, un de ces matins disparaissent, le soleil brillera toujours !
La proposition de Mélenchon d’augmenter le Smic, pourtant très timorée, a déclenché les rires indécents des patrons multi-millionnaires. Ils savent que plus nos salaires sont bas, plus leurs profits sont hauts. Ils s’amusent qu’un politicien tente de les convaincre du contraire ! Pour nos salaires, comme pour nos droits, nos services publics, nos vies de travailleurs et de travailleuses en général, il faudra non pas négocier dans les salons du Medef ou de l’Élysée, mais renverser le rapport de force par nos luttes collectives.
La grève, l’arme des travailleurs, remet les pendules à l’heure : qui crée toutes les richesses ? Qui est « essentiel » au fonctionnement de la société ? L’aide-soignante, l’ouvrier, le postier, la conductrice de bus, l’enseignant, ou bien le patron du Medef ?
Rira bien qui rira le dernier !
Aux travailleurs et travailleuses, qui produisent tout, de décider enfin de tout : c’est le message que porteront notre candidate Selma Labib et notre porte-parole Gaël Quirante dans cette élection présidentielle. Décider de tout, cela commence par ne pas attendre une élection pour prendre nos affaires en main. Aucune raison d’attendre avril 2027 pour laisser éclater notre colère, seule à même de faire ravaler son arrogance au patronat qui mène la société de crises en guerres, de catastrophes climatiques en catastrophes sanitaires.
Les pompiers, qui ont combattu les feux malgré les coupes budgétaires dans leurs moyens et leurs effectifs, ont fixé un rendez-vous pour l’heure des comptes : ils se rassembleront à Paris du 26 au 28 septembre et entreront en grève aux côtés des agents publics le 29 septembre. Comme eux, de nombreux travailleurs, du public comme du privé, sont envoyés en première ligne sans moyens et sans même un salaire décent. C’est bien une riposte d’ensemble qu’il faudra construire pour reprendre tout ce qui nous a été volé. En cette rentrée, des salariés des transports, du social ou de l’éducation ont déjà prévu des journées de grève. Saisissons-nous de toute opportunité pour nous organiser sur nos lieux de travail, et discutons de rejoindre la grève du 29 pour frapper tous ensemble au même moment.
Éditorial du NPA-Révolutionnaires du 31 août 2026