Paris, septembre 2025. Photothèque Rouge / Copyright : Martin Noda / Hans Lucas.

Jeudi, à la télé, Macron a annoncé l’envoi de soldats et de matériel militaire en Arabie saoudite, dans le but affiché de sécuriser les terminaux pétroliers menacés par les Houthis qui ont pris le contrôle du détroit de Bab-el-Mandeb. Il se justifie en expliquant qu’il fait tout pour contenir les prix de l’essence qui non seulement empêchent bon nombre d’entre nous de faire le plein, mais pèsent sur les prix alimentaires déjà à la hausse du fait de la canicule de cet été.

La guerre pour contenir les prix ? Sauf que la première flambée des prix du pétrole a été une conséquence de l’invasion de l’Ukraine par la Russie et la hausse actuelle un produit de la guerre des États-Unis et Israël contre l’Iran. Macron veut sécuriser les intérêts des pétroliers français au Moyen-Orient, notre pouvoir d’achat, il s’en moque !

Il y aurait pourtant des mesures très simples : augmenter les salaires, bloquer les prix. Mais cela voudrait dire toucher aux profits des capitalistes et le rôle de Macron est au contraire de permettre à ces profits de gonfler : la France est désormais sur la deuxième marche du podium des dividendes avec 61 milliards d’euros de dividendes distribués aux actionnaires…

Guerre aux plus fragiles

Macron-Lecornu prétendent économiser 54 milliards sur le prochain budget. Mais pas en puisant sur ces dividendes, ni dans les 211 milliards d’exonérations et subventions au bénéfice des patrons. Ces économies, ils vont les chercher en gelant les pensions des retraités, en gelant une nouvelle fois l’indice des fonctionnaires ainsi que les aides au logement ; en faisant la chasse aux arrêts maladie ; en imposant un délai de carence aux travailleurs étrangers pour l’ouverture de droits. Les hôpitaux sont dans un état lamentable ? Pareil pour les écoles ? Ils devront aussi se serrer la ceinture, comme tous les services publics. Mais pas le ministère des Armées, ni ceux de l’Intérieur ou la Justice qui doivent pouvoir s’en prendre à ces pauvres qui pourraient finir par se révolter.

Ne pas nous contenter de crier notre colère, mais préparer une lutte d’ensemble

C’est bien cette révolte que craint le pouvoir. À la télé, Macron a fini par concéder qu’il pourrait bien baisser les taxes sur l’essence : le spectre de la révolte des Gilets jaunes lui fait peur, et il a bien raison !

Samedi, plus de 100 000 manifestants ont dénoncé dans tout le pays l’inaction du gouvernement sur le climat après la canicule de cet été. Dimanche, les pompiers se sont rassemblés pour pointer l’indigence des moyens dont ils disposent. Et, ce mardi, les fonctionnaires manifesteront pour les salaires et le pouvoir d’achat, divers appels à les rejoindre ayant été lancés, comme chez les cheminots. Toute la semaine, des lycéens ont bloqué leur lycée pour dénoncer leurs conditions d’étude, refuser la sélection par le fric et ils pourraient bien rejoindre les cortèges de mardi.

Compter sur l’élection présidentielle pour résoudre au moins une partie de nos problèmes serait un mauvais calcul. D’abord, mai, c’est bien loin : dans quel état serait notre budget à nous au rythme actuel ? Ensuite, c’est un bien mauvais message envoyé à tous les candidats qui rêvent de gouverner pour le plus grand profit des patrons : cela laisserait croire que nous sommes prêts à attendre patiemment que le « salut » vienne d’en haut.

Nous devons au contraire manifester notre impatience et notre colère par tous les moyens. La journée de mardi doit être le début de la riposte à la guerre que nous mènent le patronat et le gouvernement à son service. On parle d’une nouvelle mobilisation des Gilets jaunes le 17 octobre : tout ce qui va vers une convergence de toutes les luttes est à prendre.

Nous devons discuter, sur nos lieux de travail comme dans les rangs des manifestations, des suites de la journée de mardi. Parce qu’il faudra qu’il y ait des suites. Et, si les syndicats se refusent à l’organiser, il nous faudra le faire nous-mêmes.

Éditorial du NPA-Révolutionnaires du 28 septembre 2026

 

 
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