
Le 24 août, les enfants du prétendu 101e département français ont fait leur rentrée dans des écoles qui n’ont toujours pas été réparées depuis le passage du cyclone Chido en décembre 2024, il y a un an et demi. Des salles de classe qui n’ont pas de plafond, des élèves qui ont cours par rotation le matin ou l’après-midi seulement, pour faire face au manque de locaux en état… Mais pour Lecornu, en visite sur l’archipel deux jours plus tard, le seul problème des Mahorais, c’est la lutte contre l’immigration, qu’il veut « militariser ». À coups de drones, de bateaux d’interception provoquant naufrages et noyades, mais aussi par le déploiement de la Légion étrangère ! Et d’annoncer que la France va conditionner l’aide au développement versée aux Comores et à des pays d’Afrique centrale et d’Afrique de l’Est à leur collaboration dans la lutte contre l’immigration.
Un chantage qui est sans aucun doute proclamatoire, quand on sait que la France utilise cette prétendue aide pour conserver son influence dans d’anciennes colonies et y imposer des contrats avec des entreprises françaises. Mais le but de ces déclarations est toujours le même : faire croire aux Mahorais que c’est à cause de l’immigration que la vie est aussi difficile, pas parce que la France ne fournit pas cette aide au développement à Mayotte elle-même, avec des investissements à la hauteur des besoins de ce territoire officiellement français. 77 % des habitants y vivent officiellement sous le taux de pauvreté national et on y trouve les plus grands bidonvilles de France, ce que dénonçait un rassemblement syndical organisé à l’occasion de la visite de Lecornu, réclamant l’augmentation des salaires et l’alignement des droits sociaux sur la France métropolitaine. Il a trouvé pour toute réponse la répression des gendarmes.
À noter que quelques jours plus tôt, c’est le candidat à la présidentielle Édouard Philippe qui se rendait à Mayotte, pour alimenter lui aussi sa campagne anti-immigration. Marine Le Pen y a fait aussi un tour en 2025. Mayotte, l’île des Comores où les champions politiques français de la démagogie anti-immigration se bousculent !
Lydie Grimal