
À Cherbourg (Manche), la maire élue en mars dernier, Camille Margueritte, s’attaque frontalement aux problèmes qui pourrissent la vie de ses administrés. Pas la hausse des prix de l’immobilier, qui battent des records dans toute l’agglomération et obligent la population ouvrière à sacrifier une part croissante de ses revenus pour se loger. Non, ce qui l’occupe, c’est la propreté des trottoirs. Il en coûtera bientôt 135 euros à qui promènera son chien sans avoir au moins non pas un, mais deux sacs à crottes sur soi. Pour le mois qui vient, la maire a demandé aux flics de faire preuve de « pédagogie ». C’est toujours mieux que d’autoriser l’emploi des LBD…
Mais l’amour de la propreté urbaine de la maire, patronne d’une entreprise de services à la personne dans le civil, ne s’arrête pas là. Elle exige de chaque habitant qu’il éradique toute végétation devant chez lui, au motif que les chiens aiment uriner dessus. Là encore sous la menace d’une amende. Résultat, on a pu voir ici ou là des retraités s’acharner en toute hâte sur des pâquerettes récalcitrantes. En sens inverse, des internautes ont fait remarquer sur Facebook que la maire pourrait commencer par nettoyer devant chez elle…
Pendant ce temps, son sénateur de mari, David Margueritte, a été nommé rapporteur de la prochaine loi anti-casseurs, celle qui promet de faire payer la note des dégradations commises dans ou aux alentours d’une manifestation à n’importe quel participant. À commencer par les plantes en pot ?
Correspondant
