
Lundi 24 août 2026, le prince Mohammed ben Salmane était en réunion à l’Élysée avec Emmanuel Macron. En est ressorti la signature de plusieurs contrats, dont un projet de trois parcs d’attraction géants à Cergy-Pontoise, proche de Paris, financés par le fonds souverain saoudien Qiddiya Investment Company. L’Élysée promet 22 000 emplois grâce à la création de ces parcs. Le thème d’un des parcs serait l’univers de Dragon Ball dont Macron et ben Salmane seraient « fans ». Un petit coup de communication de la part d’un président largement détesté.
En fait, ce projet sert de monnaie d’échange dans un vaste rapprochement stratégique entre Paris et Riyad. Ce partenariat entérine des négociations entre l’Arabie saoudite et quelques multinationales françaises. CMA CGM décroche ainsi un contrat de 434 millions de dollars pour le développement du port de Djeddah, Alstom obtient 500 millions d’euros pour le métro de Riyad et une usine d’assemblage locale, tandis qu’Orano s’insère dans le programme nucléaire civil saoudien et que Mistral AI négocie sur l’intelligence artificielle. L’État français agit comme le courtier de ces grands groupes, négociant l’implantation du fonds saoudien en Île-de-France contre l’ouverture de marchés industriels et énergétiques dans le Golfe.
Pour les capitalistes français, le royaume saoudien constitue la « porte d’entrée » incontournable vers l’ensemble des marchés du Moyen-Orient. S’ajoutent aux nouveaux partenariats les intérêts de TotalEnergies, présente depuis 1974 et qui doit développer des routes d’acheminement pétrolier qui contournent le détroit d’Ormuz : agrandissement des oléoducs déjà existants comme celui reliant Abqaïq à Yanbou, ou encore projet reliant l’Irak depuis Bassora à Baniyas (en Syrie).
Derrière la comédie « cool » de Macron avec son « intérêt pour les mangas », il n’y a guère que des histoires géopolitiques et, surtout, de gros sous !
Arvo Vyltt