Nos vies valent plus que leurs profits

Guerre d’Ukraine : le bal des vautours

Le déluge de missiles et de drones continue de s’abattre en Ukraine. Sur le front, les morts se comptent probablement par centaines chaque jour des deux côtés.

Ceux qui profitent de la boucherie

Par le chantage à l’aide militaire, Trump a obtenu un accord de pillage des ressources du sous-sol de l’Ukraine. Gain plus important encore, après trois ans de guerre, le découplage entre la Russie et l’Europe est presque complet, au bénéfice du gaz et du pétrole américains.

La Russie parviendra selon toute probabilité à modifier par la force des frontières sur le continent européen. Cela porte un coup dur à l’ordre impérialiste dominé par les États-Unis. Mais Trump a retourné la situation et dénoncé explicitement cet ordre mondial, en contournant, dénigrant ou quittant toutes les institutions internationales pour imposer des « deals » destinés à réaffirmer et renforcer la domination américaine. Les récalcitrants, comme l’Iran ou le Venezuela, le payent par des agressions militaires à caractère terroriste.

Ce basculement vers un nouveau mode de la domination impérialiste américaine est en lui-même une source gigantesque de profits pour le complexe militaro-industriel américain qui reste de loin le premier exportateur d’armes dans le monde.

Du côté russe, si un accord de paix était signé suivant les grandes lignes des discussions en cours, Poutine pourrait apparaître comme le vainqueur de ce qu’il a appelé l’« opération spéciale ».

D’après les chiffres officiels, l’économie russe a connu une croissance accélérée, au-delà de 4 % en 2023 et en 2024. L’économie de guerre a tiré la demande intérieure et les exportations de matières premières et d’armes n’ont pas subi de plein fouet les sanctions occidentales, car la Russie s’est tournée vers d’autres partenaires commerciaux, notamment la Chine. Mais les signes annonciateurs d’un retournement s’accumulent déjà.

Poutine est aujourd’hui complètement réhabilité malgré le mandat d’arrêt de la CPI qui le vise. De paria, il est désormais invité à prendre sa part dans le partage du butin de la reconstruction de l’Ukraine par le maître d’œuvre des opérations, l’impérialisme américain.

Les impérialismes rivaux font tous la guerre aux travailleurs

Il serait néanmoins exagéré de prétendre que Poutine aurait atteint tous ses buts de guerre. Il n’est pas parvenu à un changement de régime à Kiev. Si les puissances européennes, dont la France, dramatisent le risque que Poutine se lance dans une nouvelle guerre, c’est pour embrigader les travailleurs derrière leur militarisme guerrier revanchard. Car dans le jeu de la concurrence impérialiste, c’est l’Union européenne qui a le plus reculé.

Victorieuses ou vaincues, les bourgeoisies présentent toujours la facture à la classe ouvrière. Le taux de chômage bat des records aux États-Unis où le coût de la vie n’a jamais été aussi élevé. Les « salaires de la peur » versés aux soldats et aux ouvriers de l’industrie militaire en Russie pâlissent face à une inflation galopante, pendant que tous les autres secteurs sont sinistrés. Quant aux Ukrainiens, ils se retrouvent face à la pire des situations de servir de population « tampon » entre des blocs impérialistes concurrents.

Raphaël Preston

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