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Brèves

L’actualité en bref

Après deux ans de procédure, les juges d’instruction parisiens ont ordonné un non-lieu général en faveur des 14 militants kanak de la Cellule de coordination des actions de terrain, dont leur leader Christian Tein, accusés d’être les commanditaires des émeutes qui avaient secoué l’archipel du Pacifique en mai-juin 2024. Lors de ces violences, en lien avec la réforme du corps électoral, 14 personnes, dont deux gendarmes, avaient été tuées, des centaines d’autres blessées et les dégâts matériels estimés à plus de 2 milliards d’euros. Les militants avaient été transférés de force en Métropole dans des conditions indignes, avaient passé plusieurs mois en prison puis en résidence forcée. Le parquet de Paris, représentant de fait du pouvoir colonial, a indiqué faire appel du non-lieu. Quant au gouvernement, il n’a retenu aucune leçon de cette affaire et tente toujours de passer en force en refusant de discuter de l’avenir de la Kanaky avec les représentants du peuple kanak.

La Confédération paysanne s’est associée à la procédure judiciaire intentée par la CGT contre le président du département, le très droitier Maël de la Lande de Calan. Elles reprochent à ce dernier d’harceler et de fliquer les bénéficiaires du revenu de solidarité active (RSA). Ces derniers, qu’ils soient salariés, agriculteurs ou autres se voient demander des tonnes de documents pour justifier leurs revenus, sont l’objet de procédures inquisitoires et de pressions malveillantes de la part des contrôleurs. « Des gens arrêtent de demander le RSA parce que ça devient trop compliqué d’en être bénéficiaire », constate Madeg Join-Lambert, le co-secrétaire finistérien de la Confédération paysanne. C’est bien là le but recherché : diminuer le nombre d’allocataires pour faire des économies sous prétexte de lutter contre « les fraudes ». Selon les chiffres officiels, le nombre de bénéficiaires du RSA est passé de 18 000 à 13 500 en quatre ans dans le département. Même en dehors de telles pressions, on estime à plus de 20 % le nombre de personnes qui ont droit au RSA mais ne le demandent pas par ignorance ou par crainte de l’administration.

La Cour suprême israélienne a statué que la politique imposée par le gouvernement israélien depuis octobre 2023, qui interdisait au Comité international de la Croix-Rouge (CICR) de rendre visite aux détenus palestiniens et de transmettre des informations les concernant, était illégale. Les juges ont souligné que pendant plus de deux ans de procédure, Netanyahou et ses acolytes n’avaient fourni aucun document définissant un cadre juridique clair pour justifier le maintien de cette interdiction. Cette décision est sans doute en lien avec la pression en faveur des prisonniers palestiniens qui se fait sentir depuis des mois à l’échelle internationale. Mais il est moins que certain que le gouvernement israélien en tienne compte. Car, depuis des décennies, il viole allègrement toutes les conventions internationales à ce sujet, impose aux 10 000 détenus palestiniens arrestations arbitraires, tortures, humiliations, manque de nourriture et d’hygiène, accès difficile, voire impossible, à un médecin et détentions sans procès. Et il y a peu de chances que cette décision de justice change quoi que ce soit à cette situation…

Le parquet national antiterroriste (Pnat) a ouvert une enquête préliminaire pour tortures et crimes de guerre après les récits de plusieurs membres français de la flottille pour Gaza qui affirmaient avoir été victimes de viols, de tortures et d’humiliation en Israël. Les investigations ont été confiées à l’Office central de lutte contre les crimes contre l’humanité. Dans le même temps, on apprenait que 11 personnes faisant partie d’un convoi terrestre solidaire pour Gaza étaient détenues arbitrairement en Libye depuis le 24 mai. Elles avaient été arrêtées alors qu’elles étaient en transit, avec des papiers en règle. Un autre militant tunisien avait été interpellé cinq jours plus tôt. Pour protester contre leur incarcération ces militants ont commencé une grève de la faim. Encore une fois c’est la solidarité avec le peuple palestinien qui est visée.

C’est le quotidien Haaretz qui le dit. Les pays arabes ayant normalisé leurs relations avec Israël dans le cadre des accords d’Abraham (Bahreïn, Émirats arabes unis, Soudan, Maroc) achètent désormais davantage d’équipements militaires israéliens que des États-Unis. Les exportations en direction de ces pays ont quintuplé en deux ans et représentent 15 % des ventes totales en 2025 contre seulement 3 % deux ans auparavant. Les analystes attribuent cette demande à la perception que les armes israéliennes sont « éprouvées au combat », les gouvernements étant en mesure d’observer en temps réel les performances des systèmes d’armes et des munitions lors d’assauts. En résumé après avoir vu l’efficacité des armes israéliennes dans le massacre des Gazaouis, des Libanais ou des Iraniens, certains dirigeants arabes en font l’acquisition pour les utiliser éventuellement demain… contre leur propre peuple.

Le nombre de millionnaires à l’échelle mondiale a progressé de 7,9 % en 2025, annonce une étude publiée par le géant de l’informatique Capgemini, intitulée World Wealth Report (Rapport sur la richesse mondiale). Leur fortune a atteint de nouveaux records grâce aux secteurs de l’armement, du transport et de l’intelligence artificielle, eux-mêmes favorisés par la multiplicité des guerres. Le nombre de millionnaires à l’échelle mondiale a ainsi progressé de 7,9 %, atteignant un total de 25,3 millions en 2025. Soit presque 2 millions de plus qu’en 2024. Leur patrimoine total a quant à lui augmenté de 8,7 % sur la même période, pour atteindre un total de 98 300 milliards de dollars (84 606 milliards d’euros), soit la plus forte augmentation annuelle observée depuis 2018. Cette richesse demeure très concentrée : 1 % des ultrariches détiennent 34,8 % de la fortune globale de la planète alors qu’à l’autre bout de la chaîne plus de 700 millions de personnes vivent sous le seuil d’extrême pauvreté. Il est plus que temps d’exproprier ces profiteurs.

La Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) vient de publier une étude qui montre des parcours très différents des malades face au cancer selon qu’ils viennent de milieu modeste ou aisé. Le cancer touche différemment selon les classes sociales, et ce sont les plus modestes qui en font les frais. Les raisons : davantage d’exposition à certains facteurs de risque, moins de dépistages, des diagnostics souvent plus tardifs… Les 10 % les plus modestes ont des chances moindres de survie, avec un risque 1,7 fois plus élevé de cancer de mauvais pronostic comparé aux 10 % les plus aisés. « Ces résultats mettent en évidence que les inégalités sociales face au cancer se construisent à plusieurs étapes : l’exposition aux facteurs de risque, le recours au dépistage et la précocité du diagnostic », conclut la Drees dans un communiqué, en alertant sur la prévention. La pauvreté est donc un facteur aggravant de la maladie.

La disparition et le meurtre de Lyhanna, une enfant de 11 ans martyrisée par un pédocriminel qui avait pourtant déjà fait l’objet de nombreux signalements, a jeté une lumière crue sur les failles de la protection de l’enfance dans ce pays. Car ce fait divers horrible survient après les affaires de violences sexuelles et autres au lycée-collège de Bétharram, et dans d’autres établissements de l’enseignement privé catholique, la scandale du périscolaire à Paris et au sein des différentes branches de l’Aide sociale à l’enfance (ASE) et plusieurs affaires du même ordre. Pour les spécialistes du sujet, cet enchaînement dramatique démontre une chose : « Tout le système est défaillant en France », selon les mots d’Adeline Hazan, la présidente de l’Unicef, l’agence de l’ONU pour l’enfance. Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Le nombre de victimes mineures enregistrées par les forces de l’ordre a bondi de 77 % en dix ans, passant d’environ 150 000 en 2015, à 290 000 en 2025. Sur cette période, la hausse des infractions à caractère sexuel a atteint même 156 %.

Aujourd’hui les responsables politiques – de Macron à Darmanin en passant par Attal, Philippe et Retailleau – affirment que la situation n’est pas acceptable et qu’il faut agir. Sauf que lorsqu’ils étaient aux affaires – et pour certains le sont encore – ils ont laissé les choses se dégrader, notamment en termes de budget consacré à la protection de l’enfance, à l’éducation ou à la justice. Et leurs promesses d’aujourd’hui n’engagent que ceux qui y croient.

Pour tenter de faire émerger un candidat unique de la gauche sociale-démocrate à la prochaine élection présidentielle Olivier Faure, le patron du Parti socialiste, avait proposé d’organiser deux primaires. La première réunissant l’ensemble des candidats potentiels qui se reconnaissent dans ce courant, ensuite une seconde opposant le candidat arrivé en tête à ceux du PCF et des écologistes, hors La France insoumise. Mais l’euro-député Raphaël Glucksmann, qui dirige la petite formation Place publique, s’y est farouchement opposé qualifiant cette proposition de « machine à perdre ». Au lieu de cela il propose que le PS l’investisse et mette à sa disposition ses finances, ses militants et ses réseaux d’élus, car il serait, paraît-il, le mieux placé et battrait à plate couture… Mélenchon au premier tour. Il n’y a plus qu’à y croire. À noter que jusqu’à présent ceux qui ont participé, de près ou de loin, à ce débat (Faure et Glucksmann bien sûr, mais aussi Hollande, Cazeneuve ou Vallaud) ont fort peu parlé de leur programme. Et pour cause. Les rares fois où ils l’ont mentionné, leurs propositions ressemblaient comme deux gouttes d’eau à celles de la Macronie. Tout ça pour ça !