Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

Alors que l’on est entré de plein pied dans la période des congés d’été, quelques chiffres rappellent que les vacances ne sont pas pour tout le monde. Faute de moyens financiers suffisants, 40 % des familles ne partent jamais, un pourcentage stable depuis les années 2000, et qui atteint presque 45 % chez les bas revenus (moins de 1 990 euros par mois) mais est seulement de 20 % pour les revenus supérieurs à 2 550 euros. Mieux, chez les cadres 37 % partent plusieurs fois en vacances dans l’année. L’an dernier 34 % des jeunes de 5 à 19 ans sont restés chez eux alors que 59 % des enfants inscrits en colonie de vacances bénéficiaient d’une aide d’une collectivité. Les loisirs sont un droit… à condition d’en avoir les moyens !

Six jours après son arrivée à Matignon, en septembre 2025, Sébastien Lecornu avait solennellement annoncé la fin des privilèges à vie des anciens premiers ministres, décision entérinée par un décret publié le 1er janvier dernier. Or, six mois plus tard, le 11 juin, une voiture officielle conduite par un chauffeur et au bord de laquelle se trouvait l’ancien premier ministre Édouard Balladur provoquait un accident en renversant un scooter. C’est comme cela que l’on constatait que la forte décision de Lecornu n’avait pas été suivie d’effet. Mais ce n’est pas fini. On vient d’apprendre qu’Édith Cresson, première femme première ministre sous la Ve République, bénéficie toujours d’une voiture de fonction et d’un chauffeur plus de trente ans après avoir quitté ses responsabilités gouvernementales. Conclusion : les privilèges c’est comme la chienlit, ça finit toujours par repousser.

Il y a un peu plus d’un an, le 8 juillet 2025, une commission sénatoriale évaluait les aides publiques aux entreprises, après avoir réalisé une soixantaine d’auditions chez le patronat. Elle chiffrait alors la totalité de ces aides à 211 milliards d’euros pour l’année 2023. Et depuis lors pas grand-chose n’a changé. Mais ce rapport allait provoquer un tollé car il montrait que les patrons se gavaient d’argent public alors même que l’on demandait toujours plus de sacrifices aux salaries, aux retraités, aux chômeurs et autres catégories modestes. Macron a tenté d’allumer un contre-feu en demandant au Haut-commissariat à la Stratégie et au Plan une étude sur le même sujet. Mais ce dernier, s’il a fait le maximum pour minimiser les chiffres et gommer ce qui pouvait l’être, évalue quand même ces aides publiques à 187 milliards d’euros. Toujours un « pognon de dingue » en cette période d’austérité budgétaire.

Alors que l’on a commémoré le 84e anniversaire de la Rafle du Vel d’Hiv, qui vit les 16 et 17 juillet 1942 12 884 hommes, femmes et enfants juifs arrêtés par la police parisienne avant d’être envoyés en déportation, une plaque commémorative a été vandalisée et en partie détruite. Apposée il a six ans sur un immeuble du 15 rue Louis-Braille, elle rendait hommage à Arsène Richard, à son épouse Angèle et à leur fille Marcelle qui avait recueilli chez eux un enfant juif de 13 ans, Edmond Richemond, un voisin qui avait échappé à la rafle après l’arrestation de sa mère. Cette profanation est un acte imbécile et odieux qui s’inscrit dans la montée de toutes les xénophobies qui touche particulièrement les Juifs qui représentent moins de 1 % de la population mais cumulent près du tiers des actes racistes déclarés.

Le 23 septembre de l’année dernière, lors d’un discours prononcé devant l’Assemblée générale de l’ONU, Donald Trump avait qualifié le changement climatique de « plus grande arnaque » que le monde ait connu. Et l’arnaque en question vient de s’inviter sur le territoire des États-Unis. En effet les épaisses fumées des 900 incendies qui ravagent les forêts canadiennes, dont plus de 200 sont actuellement hors de contrôle, ne respectent pas la frontière et affectent plusieurs villes du nord-est comme New-York ou encore Détroit. Face à cela Trump blâme l’inefficacité du gouvernement d’Ottawa et… le mauvais entretien des espaces boisés. Et de brandir sa menace habituelle : augmenter les droits de douane. Cela ne résoudra en rien le problème mais qu’importe en climato-sceptique maladif il n’a aucune solution à proposer. Ou peut-être envoyer l’ICE, sa sinistre police de l’immigration, bloquer et arrêter les fumées qui sont entrées sans autorisation sur le territoire américain.

Le gouvernement vient de transmettre au Parlement un projet pour le dernier budget de l’ère Macron. Il prévoit une hausse des dépenses de l’État de 0,4 % (hors défense et remboursement de la dette), soit quatre fois moins que l’inflation. Deux des principaux secteurs impactés seraient ceux de la Santé et du Travail. Les crédits du volet « régimes sociaux et de retraite » diminueront de 400 millions d’euros, ceux « l’aide publique au développement » de 300 millions d’euros, et les « relations avec les collectivités territoriales » de 200 millions d’euros. Le tout afin de « poursuivre les efforts en faveur du redressement » des finances publiques… mais sans toucher au budget de l’armée ou aux 210 milliards d’euros de subventions et d’aides publiques diverses versés chaque année aux entreprises.

« Les promesses n’engagent que ceux qui y croient. » Ce dicton bien connu vient de trouver une nouvelle illustration. La ministre de l’Énergie, Maud Bregeon, a annoncé que « le gouvernement donnera suite » à la proposition de la Commission de régulation de l’énergie d’augmenter de 2,5 % les tarifs réglementés de l’électricité au 1er août. Cette hausse va concerner près de 20 millions de foyers. Et ce, à peine quelques mois après avoir promis, à grand renfort de communication, des factures d’électricité « stables au moins en 2026 et en 2027 ». On n’est plus à un mensonge près. Cette hausse va encore grignoter un peu plus le budget des plus modestes.

Le tribunal administratif de Paris a donné tort au Collège de France pour avoir annulé un colloque sur la Palestine. La manifestation, intitulée « La Palestine et l’Europe : poids du passé et dynamiques contemporaines », devait se tenir les 13 et 14 novembre 2025 et avait été coorganisée par le professeur Henry Laurens, titulaire de la chaire d’histoire contemporaine du monde arabe au Collège de France, et par le Centre arabe de recherche et d’études politiques de Paris. 38 intervenants étaient prévus. Mais sa tenue avait donné lieu à une violente campagne de la presse de droite relayée par des organisations sionistes comme la Ligue internationale contre la racisme et l’antisémitisme qui avaient dénoncé l’évènement comme étant pro-Hamas. La justice a donc désavoué l’administrateur du Collège de France pour avoir pris la décision d’interdire en cédant aux pressions. L’institution devra également verser 4 000 euros aux plaignants. Un exemple parmi beaucoup d’autres des tentatives faites ces derniers temps pour museler tout soutien aux Palestiniens.

Andy Burnham a été intronisé à la tête du Parti travailliste en recueillant le soutien d’environ 95 % des 403 députés travaillistes ainsi que celui des 11 syndicats affiliés au parti. L’ancien maire du Grand Manchester était le seul candidat à se présenter pour succéder à Keir Starmer, qui a annoncé son départ le 22 juin. Lors de son discours de remerciement il s’est engagé, une fois au gouvernement, à « redonner espoir » promettant d’emprunter « une nouvelle voie, différente de celle que nous suivons depuis quarante ans », avec « une économie et un pays qui fonctionnent pour tous ses habitants et tous ses territoires ». Paroles lénifiantes qui n’engagent pas à grand-chose. Car Burnham n’a jamais défendu une autre politique que celle de Starmer, dure pour les retraités, les plus pauvres, les migrants et les sans domicile fixe. Le Labour avait remporté les élections législatives en 2024 en promettant de rompre avec les années d’austérité des conservateurs. Mais une fois au gouvernement il a coupé dans les allocations pour adultes handicapés, réduit la prime de chauffage d’hiver que touchaient les plus modestes et restreint les allocations familiales. Et Burnham, qui annoncera la composition de son gouvernement lundi prochain, poursuivra dans la même voie.