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Brèves

L’actualité en bref

Un message discriminatoire a été envoyé par la mairie de Gault-Saint-Denis (700 habitants) suite à l’arrivée d’un groupe issu de la communauté des « gens du voyage ». Il a été posté sur l’application PanneauPocket, qui permet aux municipalités de tenir au courant leurs concitoyens de la vie locale. Le message est on ne peut plus explicitement raciste. Intitulé « Gens du voyage » il affirme : « Attention. Un camp des gens du voyage s’est installé sur le stade de Pré-Saint-Évroult (une commune limitrophe). Soyez vigilants et fermez vos portes à clé. Surveillez les passages de véhicules inhabituels et appelez la mairie ou le 17. Votre mairie ». Le texte a finalement été supprimé sur ordre du sous-préfet de Châteaudun. Jean-François Bridet, élu écologiste et vice-président au Conseil régional Centre-Val de Loire, a porté plainte auprès du procureur de la République de Chartres pour provocation à la haine raciale.

C’est Mediapart qui nous l’apprend. En pleine vague de chaleur, le gouvernement a décidé de dissoudre une entité de recherche sur la transition écologique. Il s’agit du Groupement d’intérêt public « Europe des projets architecturaux et urbains » (GIP Epau). Cet opérateur public menait des programmes de recherche avec les collectivités pour adapter les villes au changement climatique et atténuer ses effets. La dissolution a été décidée le 28 mai dernier lors d’une décision interministérielle organisée sous l’égide de Matignon mais en décembre 2025 le GIP s’était déjà vu sucrer plus de la moitié de son budget qui est passé de 9 à 4 millions d’euros. Alors que la canicule actuelle montre l’incapacité totale des Pouvoirs publics dans ce domaine, supprimer un organisme qui agit sur cette question était une décision d’urgence.

En pleine canicule, deux interventions de police pour retirer une piscine installée par des jeunes à La Gauthière, un quartier populaire de la ville, ont déclenché une vive polémique. Si les autorités invoquent des motifs de sécurité et d’occupation illégale du domaine public, des habitants dénoncent, eux, une réponse disproportionnée. Mardi dernier vers 16 heures, sous une canicule à plus de 40°C, quinze policiers et cinq fourgons envahissent le quartier. Leur mission : enlever une piscine autoportante achetée 140 euros par des jeunes du quartier pour « se rafraîchir ». La scène, filmée par une habitante et relayée massivement sur les réseaux sociaux, déclenche la polémique. Pourtant, deux jours plus tard, jeudi 25 juin, rebelote. La police intervient à nouveau dans le même quartier. Cette fois, les jeunes avaient installé la piscine sur la pelouse. Là encore, elle est saisie. Cette séquence est rapidement devenue virale sur les réseaux sociaux. Elle a été partagée par Marianne Maximi, députée LFI de la circonscription. Dans son post, elle écrit : « 5 camions de police au quartier de La Gauthière pour démanteler une piscine ? Il fait 40°C. Les enfants des classes populaires n’ont que ça pour se rafraîchir et on leur envoie la police ? ». De son côté le maire de la ville Julien Bony (Les Républicains) n’a pas réagi publiquement et son équipe municipale a refusé de répondre aux questions des journalistes.

C’est aujourd’hui que se déroulent en Nouvelle Calédonie des élections provinciales qui, comme les scrutins précédents, vont opposer pro et anti-indépendantistes sur fond de crise politique persistante. Si officiellement les quelque 192 000 électeurs sont censés désigner leurs futurs représentants au sein des trois assemblées de province (Nord, Sud et Îles Loyauté), officieusement, c’est un vote pour ou contre l’indépendance qui se dessine. Trois référendums sur l’autodétermination ont bien été organisés ces dernières années, mais ils n’ont accouché de rien. Forte de l’appui du gouvernement la droite « loyaliste » ne veut pas entendre parler d’indépendance. Sa cheffe de file, Sonia Backès, déclarait il y a deux ans : « Au même titre que l’huile et l’eau ne se mélangent pas, le monde kanak et le monde occidental ont des antagonismes encore indépassables ». Et elle qualifiait le leader indépendantiste Christian Tein de « chef des terroristes ». Ce qui ne l’empêcha pas d’entrer au gouvernement comme ministre de la Citoyenneté. Lecornu, une fois les élections passées, prévoit d’inviter les élus des différents bords à Matignon. Mais cela risque de ne pas donner grand-chose tant que le droit à l’autodétermination de la Kanaky et de son peuple ne sera pas à l’ordre du jour.

Israël, le Liban et les États-Unis ont signé un accord-cadre à Washington, sans en dévoiler le contenu mais avec pour objectif affiché d’ouvrir la voie à « une paix et une sécurité durables », selon le secrétaire d’État américain Marco Rubio. Des paroles en l’air car l’accord en question risque d’être toute aussi éphémère que le cessez le feu conclu le 17 avril dernier et qui n’a jamais été respecté. Depuis lors l’armée israélienne a mené de vastes frappes aériennes au Liban et déployé des troupes dans le sud du pays, faisant des milliers de morts et des dizaines de milliers de déplacés. Et différents ministres israéliens ont été clairs sur le fait qu’il n’était pas question que l’armée sioniste quitte le pays, certains même préconisant une annexion pure et simple d’une partie du territoire libanais, comme Israël l’a déjà fait avec le plateau syrien du Golan. Alors l’État hébreu trouvera n’importe quel prétexte pour ne pas appliquer l’accord en en rejetant la faute… sur l’Iran et le Hezbollah. Un air de déjà vu…

En pleine canicule, le 24 juin, à l’occasion du lancement de la Fashion Week, la marque de luxe Vuitton a organisé un spectacle avec une vague géante dans un décor de plage artificielle. Au cas où cette vague n’aurait pas suffi à les rafraîchir, les invités bénéficiaient d’une climatisation.
Pendant ce temps-là, la police et la justice s’en prennent à des jeunes qui ouvrent des bouches à incendies et diverses prises d’eau pour tenter de se protéger un peu de la chaleur dans des cités bétonnées où les appartements surpeuplés sont des étuves et les trottoirs brûlants. Le contraste entre le gaspillage insensé d’une poignée de parasites d’un côté, la répression des pauvres de l’autre est bien à l’image de cette société.

Un rapport de deux ONG – Human Rights Watch (Vigie des droits humains) et Physicians for Human Rights (Médecins pour les droits humains) – révèle une hausse de 140 % de la mortalité dans les centres de détention de la police de l’immigration (ICE) entre janvier 2025 et janvier 2026. Au moins 52 personnes sont mortes dans ces camps. De son côté le Haut-Commissaire de l’ONU a estimé que « le manque de transparence et de clarté entourant les circonstances de ces décès en détention compromet l’obligation de rendre des comptes ». Ces décès interviennent alors que le système de rétention des migrants connaît une expansion rapide. L’ICE détient actuellement plus de 60 000 personnes, contre environ 40 000 au début de 2025, et les autorités prévoient d’augmenter la capacité des centres jusqu’à 90 000 places d’ici à la fin de 2026, rapporte le Haut-Commissariat. Il s’agit en fait de véritables camps de concentration où les détenus n’ont aucun droit, subissent systématiquement des mauvais traitements de la part de leurs gardiens, sont souvent privés de soins médicaux, voire de nourriture. L’Amérique trumpiste dans toute son horreur.

La militante des droits humains Sihem Bensedrine, figure de l’opposition, a été condamnée à 25 ans de prison dans des affaires liées à la justice transitionnelle, qui visait à enquêter sur les exactions commises sous les régimes de Bourguiba et de Ben Ali. Ancienne présidente de l’instance Vérité et dignité, elle et son équipe avaient, à ce titre, auditionné près de 50 000 victimes et transmis 173 dossiers à la justice, avant d’appeler à « démanteler un système de corruption, de répression et de dictature » persistant au sein des institutions de l’État. Rappeler que le président actuel, Kaïs Saïed, arrivé au pouvoir par un coup de force en juillet 2021, avait conservé l’essentiel des cadres des dictatures précédentes n’a pas plu à ce dernier. D’où la lourde condamnation de Bensedrine contre laquelle ont protesté des ONG locales et internationales.

L’animateur de radio Yann Barthès a voulu, dans un billet d’humour dans le cadre de son émission Quotidien sur RMC, se moquer de celles et ceux qui se plaignent de la canicule. Et d’affirmer : « Tout le monde a chaud. C’est rare d’ailleurs de vivre un événement universel. On est tous logés à la même enseigne. Si vous croisez Bernard Arnault, il aura chaud. Un ministre, il aura chaud. Il aura aussi chaud que vous, que votre voisin du dessus ou du dessous, que vous habitiez dans le nord, dans le sud. » Une réflexion qui a suscité maintes réactions indignées sur les réseaux sociaux. Car peut-on comparer la souffrance à la chaleur de l’homme le plus riche de France qui vit dans un logement climatisé, travaille dans un bureau climatisé et se déplace en voiture climatisée avec chauffeur avec celle que sont obligés de supporter les ouvriers du BTP qui s’activent en plein soleil, les locataires des bouilloires thermiques ou les SDF qui vivent dans la rue ? Dans cette séquence, Barthès, depuis son studio télé réfrigéré, a fait preuve d’un solide mépris social. Qui peut trouver ça drôle ?