Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

François Grosdidier, maire de Metz (Moselle), n’est vraiment pas content du centre commercial Saint-Jacques. De nouveau, le groupe SGM (Société des grands magasins) responsable du Saint-Jacques, mais aussi des BHV parisiens et des Galeries Lafayette de plusieurs grandes villes françaises, n’a tout simplement pas payé les agents de sécurité pour leurs services depuis le mois de décembre. Le slogan de la société « La vi(ll)e au centre » pourrait tout autant être « L’avarice au centre » ! Par conséquent les agents se sont mis en grève, provoquant la fermeture totale du centre jeudi 15 janvier. F. Grosdidier a fait mine de s’émouvoir, s’affirmant stupéfait de la situation. Un tel choc pourrait motiver l’édile à augmenter les salaires des agents de la municipalité, dans les écoles ou l’entretien, au lieu de débourser 5,5 millions d’euros pour un aménagement urbain décoratif, la Serpentine, dans le centre-ville. Cependant une telle politique contreviendrait à l’amour du profit de Grosdidier, qu’il partage avec la société SGM. Total soutien aux grévistes pour la victoire de leur lutte !

Matthias Renault, député Rassemblement national de la Somme, avait déposé un amendement devant la commission des Finances de l’Assemblée nationale tendant à réduire de 3,2 milliards d’euros les subventions au secteur associatif visant notamment les « structures idéologiques et militantes » qui s’acoquinent avec la gauche ou l’extrême gauche. Et pour illustrer son propos, il avait pris pour cible l’association TransMusicales, qui organise une manifestation de musique à Rennes qui, selon Renault, était connue pour être « un festival de musique d’artistes transgenres ». Manque de chance pour lui, le festival en question, qui existe depuis 1979, tire son nom d’un disque de free-jazz sorti en 1978 et n’a rien à voir avec la cause LGBT+. Devant le ridicule de la situation, il a retiré son amendement. Signalons à tout hasard à cet ignare que la Transnistrie est un État peuplé de personnes de tous les genres, que dans le Nouveau Testament la Transfiguration de Jésus est un événement où il révèle sa nature divine à ses disciples et non son coming out pour annoncer qu’il change de genre, et que le Transsibérien est un train de luxe proposant des itinéraires en Russie et Asie Centrale aux hommes, aux femmes, aux enfants, aux bi, aux personnes trans, etc. Mais à sa décharge, il faut reconnaitre que la transphobie crasse de ce monsieur ne prédispose pas à la culture et à l’intelligence…

La cour d’appel de Paris vient d’accorder des dommages et intérêts de plus de 900 000 euros à une ex-salariée du Crédit suisse pour avoir été discriminée par son employeur en raison « de son genre, de sa grossesse et de sa qualité de mère ». Le jugement reconnaît aussi l’existence d’une « discrimination sexuelle structurelle » dans l’entreprise… qui est loin d’être la seule dans ce cas. On peut espérer que le montant record de l’amende aura un effet dissuasif sur les autres patrons. Sans trop y croire…

Une cinquantaine de militants de la Confédération paysanne ont été placés en garde à vue après avoir brièvement occupé une annexe du ministère de l’Agriculture en déployant une banderole affirmant : « L’agriculture, on veut en vivre, pas en mourir ». La veille le gouvernement avait non seulement autorisé 350 tracteurs de la FNSEA à défiler dans Paris mais, de plus, certains de ses dirigeants avaient été fort courtoisement reçus par la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, et le Premier ministre, Sébastien Lecornu. Ce « deux poids, deux mesures » n’est pas étonnant. Alors que la Confédération paysanne défend les paysans travailleurs qui n’exploitent personne, la FNSEA est le relais reconnu et assumé de l’agrobusiness, des gros agriculteurs et des grandes coopératives auprès des pouvoirs publics. Dans le passé plusieurs ministres de l’Agriculture de droite sont sortis de ses rangs. Une proximité qui ne s’est jamais démentie.

À l’occasion de la présentation de ses vœux aux Armées, sur la base aérienne d’Istres, dans les Bouches-du-Rhône, Macron en a remis une couche sur la nécessité de consacrer toujours plus d’argent à l’armement. Il a notamment déclaré : « Pour être puissant dans ce monde si brutal, il faut faire plus vite et faire plus fort » et, dans la foulée, il a plaidé pour une actualisation de la loi de programmation militaire pour accorder aux Armées un budget supplémentaire de 36 milliards d’euros d’ici à 2030… en sus des 413 milliards d’euros déjà prévus à cet effet. Le budget 2026 prévoit déjà une hausse de 13 % des dépenses militaires alors que la Santé, l’Éducation ou la Culture sont au régime sec. Et les marchands de canons d’applaudir…

Les associations de protection de l’enfance ont accueilli avec satisfaction la décision de la Cour de cassation qui vient de décider que toute violence faite à un enfant, même de la part de ses parents, était illégale. La plus haute juridiction a ainsi censuré la cour d’appel de Metz (Moselle) qui, en novembre 2024, avait relaxé un père – condamné en première instance à dix-huit mois de prison avec sursis – au prétexte que ses violences étaient restées « proportionnées » et « sans dommage » et en considérant qu’un « droit de correction » pouvait être reconnu à un parent. C’est la mère de l’enfant qui avait porté plainte. Le dossier a été renvoyé devant la cour d’appel de Nancy (Meurthe-et-Moselle). Mais qu’il ait fallu attendre le premier quart du 21e siècle pour que l’on interdise ce type de violence dans le cercle familial en dit long sur la place de l’enfant dans la société.

Selon différentes estimations publiées par des ONG, entre 700 et 3 500 personnes ont été tuées par les forces de sécurité depuis le début des manifestations le 28 décembre. De plus le régime vient d’annoncer qu’il allait accélérer les condamnations et les exécutions de manifestants arrêtés par l’armée et les gardiens de la révolution. Malgré cette répression féroce, la mobilisation, qui touche une grande partie de la population et s’en prend directement à la dictature des mollahs, se renforce. Mais l’impérialisme américain, Israël et bien d’autres, dont le fils de l’ancien chah, sont en embuscade pour tenter de placer leurs pions en cas d’effondrement de la république islamique et de continuer, sous une forme ou une autre, l’exploitation et l’oppression des classes laborieuses du pays. Pour l’instant ce qui manque à ces dernières n’est ni le courage, ni le sens du sacrifice, ni la détermination mais l’urgence de se doter d’un parti de classe pour ne pas se faire voler leur révolution.

L’Académie des sciences morales et politiques vient d’accueillir en grande pompe dans ses rangs un nouveau membre, Bernard Arnault, patron du groupe de luxe LVMH et l’homme le plus riche du pays, en présence notamment d’une myriade de grands patrons et de Brigitte Macron. On évalue mal la contribution d’Arnault aux sciences humaines et sociales (à part les licenciements qu’il pratique dans son groupe), mais soyons sûr que le nouvel académicien portera haut les valeurs qui ont toujours été les siennes : la morale de l’exploiteur et la politique du grand capital.

On sait désormais que le drame qui a touché le bar Le Constellation la nuit du Nouvel An et qui s’est traduit par 40 morts et 116 blessés était lié directement à la cupidité des propriétaires, qui, pour faire des économies, avaient lésiné sur la sécurité, et indirectement aux autorités municipales qui avaient zappé les inspections de conformité obligatoires. Mais les victimes et leurs familles risquent de se heurter désormais à un nouvel obstacle : celui mis en avant par la compagnie d’assurances Axa Suisse chargée des indemnisations. Cette dernière a en effet fait savoir que les contrats d’assurances souscrits tant par la commune que par les propriétaires ne prévoient « qu’une somme d’assurance limitée » et « sans doute pas suffisante pour prendre en charge tous les dommages financiers subis par les personnes blessées et les familles des défunts ». Autant dire que pour obtenir de justes réparations, les victimes devront se battre contre le premier groupe suisse d’assurances qui a pour clientes plus de 40 % des entreprises du pays et réalise un chiffre d’affaires annuel de plus de 6,5 milliards d’euros. Ce qui ne le rend pas plus généreux pour autant. Dans cette affaire la rapacité capitaliste est présente à tous les niveaux.