Nos vies valent plus que leurs profits

Palestine

Un total de 13 personnes ont été abattues dans diverses frappes israéliennes sur le territoire palestinien ces derniers jours. Quatre personnes, dont trois enfants, ont été tuées lorsqu’un drone a frappé une tente abritant des personnes déplacées dans le sud de Gaza alors que dans le nord une fillette de 11 ans est morte près du camp de réfugiés de Jabalia. Ce qui n’a pas empêché l’armée israélienne d’affirmer, avec son cynisme habituel, avoir « frappé avec précision des terroristes du Hamas et des infrastructures […] dans le nord et dans le sud de la bande de Gaza ». Depuis l’instauration du bien mal nommé « cessez-le feu », le 10 octobre dernier, un total de 266 Palestiniens ont trouvé la mort du fait des actions menées par l’occupant sioniste et 634 ont été blessés. De plus, 548 corps ont été retrouvés sous les décombres.

Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme vient d’affirmer que la « discrimination systématique » à l’égard des Palestiniens dans l’ensemble des territoires palestiniens occupés, notamment en Cisjordanie, s’est « radicalement aggravée » ces dernières années, s’apparentant à une forme de « système d’apartheid ». Et d’insister : qu’il s’agisse d’avoir accès à l’eau, aux écoles ou encore aux hôpitaux ou qu’il s’agisse de pouvoir aller voir des proches ou d’aller récolter des olives, « chaque aspect de la vie des Palestiniens en Cisjordanie est contrôlé et restreint par des lois, des politiques et des pratiques discriminatoires d’Israël ». Un constat tout à fait juste. Cela fait des décennies que l’attitude de l’État sioniste à l’égard du peuple palestinien dans toutes ses composantes est raciste, suprémaciste, discriminatoire et s’apparente parfois, comme à Gaza, à un génocide. Mais toutes les condamnations de l’ONU au fil des années sont toujours restées sans effet, Israël bénéficiant largement du soutien de tout le camp impérialiste, États-Unis en tête, pour mener sa politique criminelle.

À partir d’aujourd’hui, le gouvernement israélien interdit à plus d’une trentaine d’organisations humanitaires – dont Médecins sans frontières, Oxfam, Care, Caritas, etc. – d’intervenir dans la bande de Gaza pour aider la population civile qui souffre de la faim, du froid, des conditions d’hygiènes déplorables, du manque de médecins et d’hôpitaux. Les raisons invoquées : les liens supposés avec « les terroristes » du personnel de certaines ONG. Un prétexte déjà mis en avant pour assassiner des journalistes et des professionnels des médias, des médecins, des soignants et des travailleurs humanitaires. Alors que la situation à Gaza reste catastrophique, Netanyahou et sa clique font tout pour aggraver les choses. Ainsi cette semaine l’agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens a affirmé, dans un communiqué, que « des provisions, des abris ainsi des colis alimentaires pour 1,1 million de personnes sont stockés à la frontière et prêts à entrer à Gaza » pour faire face aux fortes pluies et aux vents violents qui ont frappé le territoire ces derniers jours mais que les autorités israéliennes l’empêchent d’acheminer cette aide. Génocidaires un jour, génocidaires toujours.

Les demandes de délocalisation à l’étranger émanant de salariés israéliens travaillant dans des multinationales technologiques ont fortement augmenté au cours de l’année écoulée, révèle un rapport publié par l’Association israélienne des industries de haute technologie, qui indique que 53 % des multinationales opérant dans le pays ont signalé une hausse des demandes de délocalisation de la part de leur personnel israélien. Ce mouvement s’inscrit dans un double phénomène migratoire qui enregistre une baisse de l’immigration juive venant de l’étranger et une hausse significative des Juifs israéliens désirant quitter le pays. Ils étaient 84 000 l’an dernier contre 55 000 en 2023. Cette tendance s’est accentuée en 2025, avec 40 % des Israéliens restants envisageant de partir. Parmi les motifs évoqués : la hausse du coût de la vie, l’évolution politique depuis l’arrivée du gouvernement de coalition d’extrême droite en 2022, la réforme judiciaire tentée en 2023, et le contexte sécuritaire lié à la guerre de Gaza. On peut aisément comprendre les personnes qui veulent quitter le pays en regrettant cependant que, d’après ce rapport, la solidarité et la compassion à l’égard des Palestiniens soient totalement absentes de leurs motivations.

Pas de trêve en Cisjordanie occupée où les attaques de colons se poursuivent inlassablement. La dernière victime est un bébé de huit mois qui a été blessé « au visage et à la tête », a indiqué l’agence de presse officielle palestinienne Wafa, lorsqu’un groupe de colons armés a mené une attaque jetant dans la localité de Saïr, au nord d’Hébron. Selon les rapports de l’ONU et de l’Unicef, 42 enfants palestiniens ont été tués par les forces israéliennes (armée et colons) en Cisjordanie en 2025. Cela représente 20 % de l’ensemble des victimes palestiniennes dans ce territoire depuis le début de l’année et une augmentation de 200 % du nombre d’enfants tués sur les 16 derniers mois par rapport à la période précédente. La boucherie continue…

Quatorze pays (la France, le Royaume-Uni, le Canada, le Japon, l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne, la Belgique, les Pays-Bas, la Norvège, l’Irlande, l’Islande, Malte et le Danemark) ont condamné la décision du gouvernement israélien d’autoriser la création de 19 nouvelles colonies juives dans le territoire palestinien occupé. De son côté, Israël a fait savoir qu’il continuerait dans cette voie et a qualifié de « moralement répréhensible » cette condamnation. Il faut dire que le gouvernement sioniste se soucie d’autant moins de cette déclaration qu’elle n’est accompagnée d’aucun acte concret : pas d’arrêt de livraison d’armes, pas de sanctions économiques, pas de conséquences diplomatiques… En résumé, une proclamation sans lendemain qui laisse les mains libres à Netanyahou pour continuer sa politique criminelle.

Depuis deux ans, Benjamin Netanyahou est sous pression pour créer un organe chargé de faire la lumière sur l’attaque du Hamas du 7 octobre 2023 et les responsabilités du gouvernement israélien dont il était déjà Premier ministre. Après avoir longtemps tergiversé, il a finalement annoncé un projet de loi qui vise à la création d’une commission d’enquête spéciale, un « comité équilibré chargé d’enquêter sur les événements ». Sauf que, contrairement à la législation israélienne, ce n’est pas la Cour suprême qui désignera les membres de cette commission mais… principalement Netanyahou lui-même et ses amis. On n’est jamais mieux servi que par soi-même. Le lendemain de cette décision, un groupe de familles de victimes a appelé la population à rejoindre sa lutte contre ce qu’un père de soldat tué a qualifié de « honteuse fraude politique ». Un genre de fraude dont le génocidaire de Jérusalem est un habitué.