Nos vies valent plus que leurs profits

Palestine

Si, au moins provisoirement, l’armée israélienne a suspendu les bombardements massifs au Liban, qui ont tué 2196 personnes, l’armée israélienne n’en continue pas moins la destruction systématique des habitations et infrastructures dans la zone qu’elle occupe dans le sud du pays. Selon des officiers, cités par le journal Haaretz : « Des dizaines d’engins de chantier, dont des excavatrices conduites par des entreprises privées, ont été acheminés dans la région. Certains ouvriers sont rémunérés en fonction du nombre de structures détruites. » L’objectif du gouvernement israélien est d’empêcher les 800 000 déplacés de revenir dans la région où ils vivaient, en la transformant en champ de ruines. Le ministre de la défense, Israél Katz a déclaré que « toutes les maisons des villages proches de la frontière israélienne seront démolies, selon le modèle de Rafah et de Beit Hanoun à Gaza », et que l’armée maintiendrait son contrôle jusqu’au fleuve Litani, à une trentaine de kilomètres à l’intérieur du Liban. Le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, est allé encore plus loin en suggérant que le fleuve Litani devienne la nouvelle frontière nord d’Israël. L’objectif du grand Israël s’étendant sur l’ensemble de la Palestine et une partie des pays voisins demeure l’ambition de l’extrême droite israélienne.

Selon son avocat, Ben Marmarelli, le prisonnier palestinien Marwan Barghouti est victime depuis quelque temps d’une escalade d’abus dans les différentes prisons où il est détenu à l’isolement. En moins d’un mois, cette figure de la résistance palestinienne a été tabassée à trois reprises et agressée par un chien lâché par ses geôliers israéliens, sévices auxquels s’ajoute la privation de soins médicaux, d’eau et de nourriture. Incarcéré par Israël depuis 24 ans, l’ex-secrétaire général du Fatah en Cisjordanie avait été arrêté en avril 2002 et condamné en 2004 à cinq peines de prison à perpétuité. Barghouti reste une figure très populaire auprès de l’ensemble de la population palestinienne et c’est pourquoi son élargissement a toujours été refusé par l’occupant sioniste. Plus que jamais il faut demander sa libération.

La Knesset, le parlement israélien, vient d’adopter une nouvelle loi portée par Itamar Ben Gvir, ministre de la Sécurité nationale, raciste représentant de l’extrême droite religieuse. Celle-ci permettra de condamner à mort les Palestiniens accusés de meurtre commis dans le cadre d’actions « terroristes ». Après les dizaines de milliers de Palestiniens massacrés dans le génocide à Gaza, abattus par les colons sous le regard bienveillant de l’armée en Cisjordanie, les morts des bombardements sur le Liban et les décès survenus en prison à la suite de tortures et de mauvais traitements, voilà que l’État d’Israël s’arroge le droit de tuer légalement (sachant ce que vaut sa loi !) tout Palestinien qui lui déplairait : il suffira de le reconnaître coupable de meurtres commis au nom du refus de « l’existence d’Israël ». La barbarie à l’état pur. Mais Ben Gvir a fêté ça en débouchant une bouteille de champagne, nous dit-on.