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Palestine

Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme vient de condamner une série d’actions répressives israéliennes dans les territoires palestiniens occupés. Dans un communiqué accompagnant un nouveau rapport le Haut-Commissariat écrit notamment : « L’intensification des attaques, la destruction méthodique de quartiers entiers, […] le refus d’apporter une aide humanitaire […] conjugués aux transferts forcés qui semblent viser à un déplacement permanent, suscitent des inquiétudes quant à un nettoyage ethnique à Gaza et en Cisjordanie. » Dans la bande de Gaza, ce rapport détaille « les massacres et les mutilations infligées en nombre sans précédent à des civils par les forces israéliennes ». Il dénonce « la propagation de la famine et la destruction des infrastructures civiles restantes, imposant aux Palestiniens des conditions de vie de plus en plus incompatibles avec leur maintien dans ce territoire ». Il établit notamment la mort d’au moins 463 Palestiniens, dont 157 enfants, des suites de la famine, y voyant « une conséquence directe des actions entreprises par le gouvernement israélien ». Et de conclure que de tels actes « peuvent constituer des crimes contre l’humanité », voire « un génocide ». En Cisjordanie occupée et à Jérusalem-Est, le rapport souligne « l’usage systématique et illégal de la force par les forces de sécurité israéliennes, la détention arbitraire généralisée, la torture et autres mauvais traitements infligés aux Palestiniens détenus, ainsi que la démolition illégale et massive de maisons palestiniennes ». Et pendant ce temps les grandes puissances laissent faire quand elles ne justifient pas ces pratiques, comme c’est le cas notamment des membres du fameux Conseil de la paix mis sur pied par Trump et qui vient de tenir sa première réunion.

Le collectif Agir pour la Palestine et l’ONG Waves of Freedom France (vagues de la liberté) organisent un rassemblement aujourd’hui 18 février à partir de 17 h 30, place du Châtelet, afin d’exprimer publiquement leur soutien à Francesca Albanese, rapporteuse spéciale des Nations unies sur la situation des droits de l’homme dans les territoires palestiniens, occupés depuis 1967. Cette dernière fait l’objet d’une campagne internationale de calomnies réclamant sa démission lancée par le gouvernement israélien et reprise ici par les organisations sionistes et le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot. À travers cette campagne, ce sont les soutiens au peuple palestinien qui sont visés. Les organisateurs rappellent qu’« au-delà du soutien à Mme Albanese, ce rassemblement est aussi un acte de solidarité avec le peuple palestinien, aujourd’hui confronté à des souffrances humanitaires d’une ampleur dramatique. »

L’Union européenne, l’Autorité palestinienne, l’Égypte, le Qatar et la Jordanie ont dénoncé l’adoption par le gouvernement israélien de nouvelles mesures foncières renforçant son contrôle sur la Cisjordanie occupée. L’État hébreu a en effet approuvé des dispositions visant à faciliter l’achat de terres par les colons israéliens. Cette dernière décision en date fait craindre une annexion du territoire palestinien par les sionistes qui n’ont jamais caché leur volonté d’en arriver là. Mais ces condamnations sont purement platoniques. L’Union européenne, premier partenaire commercial d’Israël, n’a jamais pris aucune mesure concrète pour contrer la politique d’occupation des territoires palestiniens. De leur côté, les pays arabes concernés protestent mais continuent d’entretenir des relations diplomatiques avec Jérusalem. Quant à l’Autorité palestinienne, malgré toutes les humiliations qu’elle a subies de la part de l’occupant, elle n’a jamais cessé la coopération sécuritaire avec lui. Une belle bande d’hypocrites.

La Haute Cour de Justice a décidé que l’interdiction du groupe pro-palestinien Palestine Action en 2025 était « disproportionnée ». La juge Victoria Sharp a estimé  que cette interdiction « s’est traduite par une atteinte très substantielle aux droits à la liberté d’expression et de réunion ». Le ministère de l’Intérieur a immédiatement annoncé son intention de faire appel. L’interdiction du mouvement, classé « terroriste » en juillet dernier par le gouvernement travailliste de Keir Starmer, reste cependant en vigueur pour l’instant. Cependant cette décision de justice représente une petite victoire pour celles et ceux qui se battent contre la criminalisation de tout soutien à la Palestine et laisse espérer la libération rapide des militant-es emprisonné-es depuis des mois. Au total, plus de 2 700 personnes ont été arrêtées depuis juillet et plusieurs centaines inculpées.

Des parlementaires du parti présidentiel Renaissance demandent à Emmanuel Macron d’œuvrer au départ de la juriste italienne Francesca Albanese, la rapporteuse spéciale des Nations unies pour les territoires palestiniens, et, à ce titre, porte-voix des Palestiniens au sein de l’organisation internationale. Ils affirment, pour appuyer leur demande, que « le 7 février dernier, lors d’un forum organisé par Al-Jazira à Doha […] elle a désigné Israël comme ennemi commun de l’humanité ». Or cette phrase est complètement inventée et ne figurait pas dans son discours qui, par contre, était très critique de la politique israélienne à Gaza et en Cisjordanie. Sans surprise, la première signataire de cette lettre a été Caroline Yadan, représentante des Français de l’étranger, dont la proximité avec Netanyahou n’est plus à démontrer. C’est la même qui est à l’origine d’un projet de loi visant à interdire comme « antisémite » toute critique de l’État sioniste. Une manœuvre de bas étage alimentée par la haine des Palestiniens.