Alors que se poursuit en appel le procès de Marine Le Pen et de quelques-uns de ses comparses, ses amis ne cessent d’affirmer que la peine d’inéligibilité prononcée à son encontre en première instance pour détournement de fonds était à la fois disproportionnée et « politique ». Ils oublient un peu vite que c’est la même Marine Le Pen qui réclamait en 2013 « l’inéligibilité à vie » pour les élus condamnés pour malversations. De même, en 2016 et 2017, lorsque le Parlement avait adopté les « lois sur la moralisation de la vie publique » qui prévoyaient des peines d’inéligibilité contre des élus reconnus coupables d’atteinte à la probité, les députés du Rassemblement national s’étaient abstenus… car ils jugeaient les peines trop timides. Pour le RN, la « tolérance zéro » ou le « tous pourris » ne s’appliquent qu’aux autres.