Nos vies valent plus que leurs profits

François Mitterrand : du mythe à la réalité

À l’occasion du trentième anniversaire de la mort de François Mitterrand, on a eu droit à une série de France Télévision consacrée à la sa vie, à un documentaire réalisé par sa fille Mazarine Pingeot sur La Chaîne parlementaire, en passant par le cycle de l’Institut François Mitterrand sur le statut « d’homme de lettres » de l’ancien président et le livre François Mitterrand, Conversations intimes, de Jean Glavany. Sans parler de la multitude d’articles de presse à sa gloire. Tout ce battage le présente comme une icône de la République. Mais ce politicien opportuniste, ambitieux et retors, d’extrême droite dans les années 1930, entra au service du gouvernement Pétain en 1942. Celui-ci le décora de la Francisque, la médaille de Vichy. Ce n’est que plus tard qu’il se découvrit une âme de résistant. Ministre de l’Intérieur, puis de la Justice pendant la guerre d’Algérie, il déclara « L’Algérie, c’est la France » et refusa la grâce du militant communiste algérien Fernand Iveton, qui fut exécuté. Son coup de génie fut de mettre la main en 1971 sur un Parti socialiste en déliquescence grâce auquel, en 1981, il fut élu à la magistrature suprême. Mais, de tout temps, même à cette époque où il se présentait comme le leader de l’union de la gauche, il défendit bec et ongles les intérêts du capitalisme tricolore, fut un chaud partisan de la Françafrique et de l’Otan et coexista sans problème avec des Premiers ministres de droite. Un politicien bourgeois qui défendit sa classe jusqu’à son dernier souffle.