Alors que les négociations entre partenaires sociaux autour des contrats de travail temporaire piétinent, une étude de l’Unédic, organisme paritaire de gestion de l’assurance-chômage, souligne leur explosion dans l’Hexagone. Le travail temporaire, qu’il s’agisse de l’intérim ou des contrats à durée déterminée (CDD), est devenu de loin majoritaire dans les nouvelles embauches. Et le texte de préciser : « En 2024, plus de 80 % des embauches se faisaient en contrat court, voire très court. » La situation ne s’est pas améliorée depuis. Sur 46,2 millions de contrats d’embauche, 21,1 millions sont des CDD, 20,7 millions concernent l’intérim et seuls 4,4 millions des contrats sont à durée indéterminée (CDI). Les jeunes sont les plus touchés : ils ne sont que 41,6 % à occuper un emploi permanent, contre près de 73 % pour l’ensemble de la population. Autre manifestation de cette précarité croissante : l’emploi temporaire est de plus en plus court. « Les CDD arrivés à terme dans le secteur privé duraient en moyenne 46 jours en 2017 (soit un raccourcissement de 60 % depuis 2001), la moitié d’entre eux ne dépassant pas cinq jours (contre 22 jours en 2001) », souligne l’Unédic. Ce qui n’empêche pas le patronat de pousser des cris d’orfraie en dénonçant la rigidité du marché du travail. Et de rêver sans doute de l’époque bénie où l’embauche se faisait à la journée, le travail était payé à la pièce et où les salariés n’avaient aucun droit.