Depuis 40 ans, la Rencontre annuelle des musulmans de France se tient au Bourget, non loin de Paris. Cette manifestation mêle conférences, expositions et stands commerciaux. Cette année, elle se déroule du 3 au 6 avril mais a failli être interdite par la préfecture de police de Paris. Cette dernière mettait en avant le « risque terroriste » et d’éventuelles atteintes à l’ordre public liées à de possibles manifestations hostiles de groupuscules d’extrême droite. Associer systématiquement la population musulmane au terrorisme, sous une forme ou une autre, est devenue la rengaine non seulement de l’extrême droite mais aussi des milieux gouvernementaux. Finalement, moins de deux heures avant l’ouverture de l’évènement, la justice administrative a autorisé sa tenue, estimant que les troubles à l’ordre public invoqués par le préfet de police n’étaient « pas établis » et « que l’exercice de la liberté d’expression est une condition de la démocratie ». Mais ce dernier, Laurent Nuñez, pour une fois débouté, ne désarme pas et a annoncé le même jour un nouveau projet de loi de lutte contre le « séparatisme islamiste » complétant la précédente loi de 2021. Pour lui, la chasse aux musulmans, ou supposés tels, continue.