Depuis un peu plus d’une semaine c’est la mobilisation à Bordeaux Montaigne contre les coupes budgétaires. La présidence entend supprimer 30 CDD sur les 120 que l’université embauche dans les bibliothèques, les services administratifs, la logistique ou l’accompagnement des étudiants. Elle coupe net dans les heures de formation : 12 000 heures en moins, soit l’équivalent de 60 temps pleins d’enseignants supprimés. Derrière ces suppressions, ce sont aussi les étudiants des classes populaires qui sont attaqués : moins de place, c’est plus de sélection et de concurrence pour entrer à l’université.
En assemblée générale, les étudiants soulignent qu’il s’agit aussi d’une lutte pour notre dignité : peut-on accepter que le personnel, qui fait tourner la fac où on étudie, se fasse virer ? Unis avec le personnel, ils refusent toute suppression de postes, toute suppression de places !
Le président de l’université, ce « Macron sans perruque » comme le nomment des étudiants, justifie ces coupes budgétaires par la menace d’une mise sous tutelle directe de l’État si aucune coupe n’était faite. Avec cet argument, il se retrouve ironiquement à mener… la politique de l’État !
Une mobilisation au jour le jour
Les étudiants et le personnel ont multiplié les moyens d’actions pour populariser leur lutte et l’étendre : assemblées générales et comités de mobilisation rassemblant plusieurs centaines de personnes, manifestation sur campus, envahissement du bâtiment administratif, opération « classes vides »… La présidence a d’ailleurs elle-même participé à gonfler le nombre des contestataires en évacuant personnel et étudiants des bâtiments sur le temps des AG par peur d’une occupation. En AG, on discute de faire monter la pression, de se lier avec les lycéens et travailleurs de l’éducation nationale qui subissent les mêmes attaques, notamment à Marseille. Nos ennemis sont communs : le gouvernement, et derrière lui le patronat commanditaire des coupes budgétaires !
Fred Bailhau