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À Lyon et Grenoble : la gauche à la rue sur le logement

En pleine campagne municipale à Lyon, les candidats de la France insoumise présentent comme mesure phare « la réquisition des logements vacants ». Il faudra aussi « loger les personnes sans-abri et en particulier tous les enfants sans toit de la ville »1. En effet, à Lyon, depuis quatre ans, la métropole dirigée par les Verts s’emploie à expulser tous les collectifs de mineurs isolés2, d’enfants à la rue et de sans-abris qui occupent des espaces vides comme le parc des Chartreux ou le gymnase Mazenod. Et pourtant, il ne faut pas croire que La France insoumise ferait mieux. Là où ils sont parvenus au pouvoir, à Grenoble aux côtés du PCF et d’EELV, ils organisent également l’expulsion des travailleurs sans papiers. En décembre 2020, ces sans-abris avaient trouvé refuge dans la cité HLM des Volets Verts qui était chauffée tandis qu’elle était vide. Elisa Martin (LFI), alors présidente du bailleur social Actis, avait coupé l’eau, l’électricité et le chauffage en pleine trêve hivernale. Les mesurettes prises, comme l’encadrement des loyers, servent surtout à redorer son image. Dans les faits, les propriétaires ont simplement augmenté les loyers dans les zones non encadrées, en dehors du centre-ville, là où vivent les travailleurs et les plus pauvres. Près de 45 % des loyers dépassent l’encadrement prévu… Belle victoire pour la mairie de Grenoble et le maire écolo Éric Piolle !

Même combat à Lyon, où l’on a vu la candidate, représentant Grégory Doucet et le candidat LFI, promettre encore une fois la fin du sans-abrisme à Lyon, lors d’une table ronde organisée par le collectif Jamais sans toit. Derrière les promesses, les candidats, plein d’hypocrisie, ont rappelé que le maire « avait l’obligation » « d’assurer le bon usage des équipements publics » comme les gymnases et les écoles, ce qui justifiait, à leurs yeux, les interventions policières contre des enfants sans abris.

À Lyon, à Grenoble comme partout ailleurs, à l’échelle locale, nationale ou internationale, la « stratégie » électorale de la gauche consiste à avoir « un pied dedans et un pied en dehors » des institutions. Ce qui les oblige à défendre le statu quo, à envoyer la police sur les travailleurs et les enfants sans-papiers, et à protéger la propriété privée.

Parce que c’est bien la propriété privée qui met les plus pauvres à la rue. Il y a trois millions de logements vacants en France et 3,5 % des ménages détiennent la moitié des logements en location selon l’Insee. Seule l’expropriation de la bourgeoisie, la redistribution des logements, la construction massive et la rénovation du parc devenu insalubre, peuvent changer la donne. Mais les diagnostics, les concertations collectives qui durent depuis des mois, et les effets d’annonces sur la construction de logements sociaux qui ne voient jamais le jour, sont des crachats au visage des travailleurs. Pour rappel, c’est pendant la Commune de Paris en 1871 que les travailleurs révoltés avaient réorganisé l’occupation des logements, annulé les impayés de loyer et réquisitionné les appartements des bourgeois qui avaient fui vers Versailles, pour pouvoir loger dignement le peuple de Paris.

Léonard Valot et Izia Tvarskaia

 

 

1  Le site de la campagne de LFI à Lyon 
2  Pour plus d’informations voir ces articles : Mineurs isolés : à Lyon, la métropole protège surtout sa pelouse ; Lyon : 250 mineurs isolés, toujours sans solution de logement.