La Chine de Xi Jinping a accueilli le 1er septembre un grand raout, où se sont rendus les dirigeants de pays s’estimant lésés par le remodelage des échanges internationaux réalisé entre autres à coups de droits de douane par les États-Unis de Donald Trump. Il s’agit du sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS). Se sont précipités à Tianjin : Poutine, Narendra Modi, le dirigeant indien, mais aussi Kim Jong-un, le président nord-coréen, et Min Aun Hlaing, le chef de la junte militaire birmane. Recep Tayyip Tayyip Erdoğan, le président turc dont le pays est « partenaire de dialogue » de l’OCS, a fait aussi le déplacement. Une belle brochette de dictateurs à la tête de pays représentant plus de la moitié de la population mondiale.
Le but de Xi Jinping est évidemment de signaler aux dirigeants américains que la Chine pèse lourd dans le « climat de guerre froide » entretenu, selon lui, par les dirigeants des impérialismes occidentaux. Et, pour couronner le tout, mercredi 3 septembre, un immense défilé militaire a clôturé la séquence, histoire de rappeler que les États-Unis n’ont pas le monopole des joujoux sophistiqués capables de massacrer en grand et de vitrifier la planète. À Anchorage, en Alaska, Trump avait tenu à faire survoler la réception de Poutine par une flottille de bombardiers furtifs…
La réplique chinoise à la volonté hégémonique affirmée par les États-Unis – à moins que ce ne soit le contraire – rappelle à tout le monde que si une nouvelle guerre mondiale n’est pas pour demain matin, cela reste une issue possible à la guerre commerciale qui se mène sous nos yeux. Une guerre accompagnée par l’explosion des budgets militaires partout dans le monde.
Les rivalités inter-impérialistes s’effacent vite quand les peuples se révoltent. Les puissances occidentales ont été promptes à s’opposer à Poutine quand il a attaqué l’Ukraine, mais elles n’ont pratiquement rien dit quand il est intervenu pour soutenir le dictateur biélorusse contre son peuple.
J.-J. F.