Nos vies valent plus que leurs profits

AESH : faire front contre les attaques et la précarité

Depuis les lois de 2005 et 2013, l’inclusion des élèves en situation de handicap dans les classes aux côtés des autres enfants est devenue la règle. En soi, c’est un progrès. Sauf que les gouvernements de droite comme de gauche n’ont jamais embauché à la hauteur des besoins que leurs lois ouvraient. Si les accompagnantes d’élève en situation de handicap (ou AESH – parmi qui les hommes sont une infime minorité) sont 135 000 aujourd’hui, c’est parce que la détection des différents troubles de l’attention, ou de la famille des « dys » (dyslexie, dyscalculie, dyspraxie : autant de handicaps qui ont longtemps été pris à tort pour de la fainéantise…) s’améliore.

Les parents qui croient qu’une AESH s’occupera exclusivement de leur enfant sont vite déçus. Dans la pratique, elle suit deux voire trois enfants en même temps. Pas facile d’aider ce petit monde à se concentrer, à réfléchir et participer au cours. Quant à noter celui-ci dans deux ou trois cahiers à la fois, c’est impossible ! Le ministère a réduit peu à peu l’accompagnement de base à six heures par semaine. Il n’y a que lui qui trouve cela suffisant.

En octobre dernier, 42 000 des enfants notifiés comme ayant besoin d’une AESH n’en avaient pas. Et c’est sans compter tous ceux qui ne sont pas encore détectés. Il faudrait donc embaucher. Le ministère fait l’inverse : en mettant en place les Plans d’accompagnement à la scolarité (PAS), il veut maintenant contraindre les AESH à passer d’une école à l’autre, puis à un collège dans la même semaine. Sur le papier, il pourra prétendre que chacun est suivi. Là où les PAS sont déjà en place, l’élève passe d’une AESH à l’autre une heure par-ci par-là. Du sabotage pur et simple !

Il faut recruter en masse des AESH. Il faut doubler leur salaire (la plupart touchent 900 euros par mois, à temps partiel imposé au Smic) et leur donner un vrai statut de fonctionnaire. Cela triplerait le budget à leur consacrer ? Oui ! C’est ce dont nos gosses ont besoin, et le travail des AESH le vaut bien !

Mathieu Parant

 

 


 

 

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