
La poursuite de la publication par le ministère de la Justice américain des documents sur l’affaire Epstein – ce milliardaire qui, en plus de ses affaires, organisait un réseau de prostitution de jeunes femmes, dont certaines avaient 14 ans, et qui est mort durant sa détention aux États-Unis – n’en finit pas de secouer le monde des dirigeants de la planète.
Les ramifications du monde de la bourgeoisie
Les mis en cause ne sont pas tous impliqués dans les sordides affaires de prostitution liées au dossier Epstein, mais tous avaient avec ce dernier des liens amicaux ou financiers, ou les deux. Ce qui est notable, ce sont ces relations de tous ces puissants, milliardaires, têtes couronnées, politiciens : tous font partie du petit monde de ceux qui détiennent les commandes de ce système d’exploitation qu’est le capitalisme, grâce à leurs capitaux ou de par leurs fonctions politiques. Un petit monde qui se connaît, s’entraide, ferme les yeux sur les frasques des uns et les affaires litigieuses des autres, et dans lequel les étiquettes politiques sont au fond secondaires – Epstein avait des liens personnels avec le fasciste Elon Musk aussi bien qu’avec le « socialiste » Jack Lang : le principal à leurs yeux est que tous font partie de cette bourgeoisie pour qui jongler avec des millions sur des comptes dans des paradis fiscaux est chose ordinaire.
Et ce sont ces capitalistes, et les gouvernants à leur service, qui n’ont pas de mots assez durs pour traiter de profiteurs ceux que la misère ou les guerres ont fait fuir des pays ravagés afin d’avoir le droit de grelotter sous une tente en France. Ou encore les travailleurs licenciés, ou les jeunes privés d’emploi. Et les mêmes traînent devant les tribunaux les travailleurs qui osent résister et relever la tête, pour preuve les dizaines de syndicalistes réprimés en ce moment à La Poste, à la SNCF, dans les hôpitaux… jusqu’à Sophie Binet, la secrétaire générale de la CGT.
Riposter à l’offensive des capitalistes contre les travailleurs
La bourgeoisie est à l’offensive contre le monde du travail. Patrick Martin, le patron du Medef, pour ce qu’on en sait, n’est pas un prédateur sexuel abusant de jeunes mineures, mais cela ne le gêne pas de profiter de la galère des jeunes privés d’emploi pour proposer de ressusciter le « Smic jeune » et les contrats « première embauche » avec des salaires au rabais. Ce fameux CPE dont la loi qui l’instituait avait été balayée, il y a exactement vingt ans, par la mobilisation de centaines de milliers de jeunes, et de leurs parents.
Mais la bourgeoisie ne se contente pas de projets provocateurs. Les patrons maintiennent les salaires bien au-dessous de ce qu’il faudrait quand les prix des produits alimentaires ont flambé. Et ils utilisent l’arme du chômage pour cela. Rien qu’en janvier, 2 400 licenciements ont été annoncés chez un géant du CAC 40, Capgemini-Sogeti, 1 800 à la Société générale. ArcelorMittal, autre géant du CAC 40, qui a vu ses titres grimper de 25 % depuis le début de l’année grâce aux perspectives des baisses d’importation d’acier en Europe, n’en annonce pas moins 5 600 licenciements en Europe, dont près de 1 700 en France.
Cette offensive de la bourgeoisie est accompagnée et encouragée par le gouvernement qui cherche par tous les moyens à réduire les dépenses consacrées à la santé, à l’éducation, aux services publics en général pour dégager l’argent des subventions et des commandes militaires.
Une offensive à laquelle il nous faudra répondre par une contre-offensive, si nous ne voulons pas voir nos conditions de vie et de travail dégradées encore davantage. Une contre-offensive dont nous avons les moyens car, sans notre travail, ils ne sont rien.
Éditorial du NPA-Révolutionnaires du 9 février 2026
[Télécharger l’éditorial au format ODT]
[Télécharger l’éditorial au format PDF]
[IN ENGLISH — Télécharger l’éditorial traduit en anglais, format PDF]