
Ce 28 novembre 2025, à l’occasion du « Black Friday », la section Solidaires d’Amazon Brétigny appelait à la grève, dans le cadre plus large des appels « Block Friday », pour lequel des salariés d’Amazon de 38 pays au monde entier ont débrayé.
Cet appel fait aussi suite aux mobilisations du 10 septembre, où le piquet de grève d’Amazon Brétigny s’était imposé comme point de ralliement pour les actions prévues par « Bloquons Tout » en Essonne, et avait été rejoint par une manifestation de soutien réunissant 500 personnes. Par la suite, une partie des grévistes avait reconduit le mouvement et participé aux manifestations syndicales à Évry le 18 septembre et le 2 octobre.
Le Black Friday était donc l’occasion d’en remettre une couche sur les revendications multiples sur les salaires et conditions de travail catastrophiques de l’entrepôt – la dernière augmentation était de… 22 centimes brut ! Sur le piquet, ce sont notamment le flicage de la direction et la pression ambiante qui ont fait parler : deux intérimaires sont actuellement en procédure juridique, licenciées l’an dernier pour s’être liées d’amitié avec une déléguée CGT. La direction apporte des observations minutées sur les visites des locaux syndicaux et les pauses clopes trop longues pour justifier le non-renouvellement de leur mission.
Déjà le 10 septembre, la direction du site avait fait appel à une vingtaine de cars de CRS pour accueillir grévistes et soutiens. CRS qui avaient fini par déclencher un départ de feu, après avoir lancé des lacrymogènes sur l’herbe sèche devant le site. Cette fois, la préfecture a renchéri : la veille du 28, la préfecture de l’Essonne a autorisé l’emploi de drones pour surveiller le rassemblement et en particulier la D19 : pas pour éviter des accidents routiers évidemment, mais pour assurer le maintien « d’un axe névralgique » pour la logistique essonnienne. Elle a de nouveau envoyé une quinzaine de camions de CRS, donc plus d’un flic par manifestant…
Finalement, une centaine de salariés a suivi le débrayage. Seulement une minorité d’entre eux a rejoint le rassemblement d’une quarantaine de personnes sur le piquet, craignant la pression de la direction et le dispositif policier. Mais la présence policière démesurée montre surtout une chose : ils ont une peur bleue de la mobilisation collective de salariés de l’entrepôt !
Correspondants, 30 novembre 2025