Nos vies valent plus que leurs profits

Armement : cherche chair à patron pour faire de la chair à canon

Thales prévoit d’embaucher 9 000 personnes en 2026. Safran recherchait 6 000 à 7 000 personnes « dans les prochains mois » en septembre 2025, Dassault inaugurait récemment un tout nouveau site à Cergy, avec plusieurs dizaines de recrutements prévus sur place.

Mais il reste des postes non pourvus et ceux qui sont déjà là en font les frais. Dassault n’a de cesse d’augmenter la cadence de production de son engin de mort phare, le Rafale, passé d’un par mois il y a quelques années à 2,4 en 2025, avec un objectif de trois en 2026 et quatre à cinq5 en 2030. La multiplication des projets complexifie les tâches, à l’usine comme dans les bureaux d’études. Chez Thales, Safran, Dassault Aviation, les dividendes suivent : ils n’ont fait qu’augmenter après une inflexion liée au Covid, et les cours en bourse ont explosé depuis 2022.

Du côté des travailleurs et travailleuses du secteur, on observe un sentiment d’injustice désabusé, des démonstrations ponctuelles de colère et parfois des grèves durables et suivies, comme chez Dassault à Mérignac en 2022. Chez Thales, toujours à Mérignac, les NAO 2025 ont été l’occasion d’une manifestation réunissant des travailleurs de plusieurs boîtes du secteur : Ariane, Dassault, Airbus, Safran, CGI, Akkodis.

Dans leur course au profit, les marchands de canons vendent armes et matériel militaire pour que des soldats de pays différents, mais tous recrutés dans les rangs des classes exploitées, s’entretuent… Quand ce n’est pas contre la population de leur propre pays, à l’image de CapGemini ou Thales qui vendent des logiciels utilisés par l’ICE américaine comme la police ou les renseignements français !

Pour l’heure, chaque lutte des salariés de l’aéronautique et de l’armement, y compris sur les salaires et les embauches, pourrait aussi devenir celle de tous, contre les patrons profiteurs de guerre, de massacres et de répression.

Correspondant