Dans ce technicentre industriel près de Rouen où l’on rénove des trains, cheminotes et cheminots subissent les conditions météorologiques semaine après semaine. Après les vagues de canicule de l’été, qui avaient fait réagir collectivement les travailleurs du site, les fortes pluies de la dernière semaine d’août ont entraîné des inondations dans la plupart des ateliers, dont la surface s’étale sur cinq hectares. 36 cm d’eau dans le bâtiment où sont stockés les pièces, 15 cm dans les toilettes et vestiaires du bâtiment principal… Les 700 salariés du site se sont donc retrouvés les pieds dans l’eau, avec comme seule réponse de la direction : « prenez des raclettes, évacuez l’eau et reprenez le travail ». Aucune mention des risques électriques engendrés, ni des fibres en amiante, que la toiture, qui fuit de partout, pourrait véhiculer ou encore des mélanges entre les eaux des égouts et l’eau servant aux usages industriels. Déjà une soixantaine d’accidents du travail avec arrêt depuis le début d’année aux ateliers, alors ce n’est pas maintenant que les capitalistes de la SNCF vont commencer à s’inquiéter de la sécurité de la main-d’œuvre…
Ce problème d’inondation n’est pas nouveau, il est même plutôt récurrent. C’est comme ça à chaque gros orage depuis des décennies. Entre la toiture qui a été rénovée pour la dernière fois après les bombardements de la Seconde Guerre mondiale et un système d’évacuation des eaux insuffisant, ce n’est pas faute d’avoir alerté du côté des cheminots. Mais les actionnaires de la SNCF sont trop occupés à surfer sur leurs profits ! Peu leur importe si les travailleurs, eux, nagent dans l’eau croupie.
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