Une vidéo rendue publique le 8 septembre dernier par Le Midi libre a montré un brigadier-chef d’une cinquantaine d’années de la police municipale de Carcassonne enchaînant les propos racistes. Une autre vidéo, datant elle du 21 juin, vient d’être rendue publique. On y voit un membre de la police nationale cette fois prendre à bras-le-corps un marginal éméché, Youssef, mais qui ne représentait aucune menace, et le jeter violemment à terre, sa tête heurtant le sol. Le tout en présence des flics municipaux qui ne sont pas intervenus. Au bout d’un long moment, on voit le brigadier-chef remettre un Youssef chancelant sur ses pieds, pendant que tous les flics présents, municipaux comme nationaux, ordonnent aux spectateurs de circuler. Cela se passait le jour de la Fête de la musique. Quelques jours plus tard, Youssef était retrouvé mort, sans que les autorités fassent un lien avec un éventuel traumatisme crânien.

Dans le cas du flic municipal, c’est sa propre caméra-piéton, allumée alors qu’il était en service, qui a enregistré ses propos. Parlant d’une automobiliste qui aurait percuté un animal sauvage : « Une vieille […] a percuté un bougnoule, apparemment. » « Oh, génial ! », lui répond l’opérateur du central radio. Puis, dans une discussion avec un militaire du 3e régiment de parachutistes d’infanterie de marine de Carcassonne : « J’en peux plus, moi », il expliquait : « Tout à l’heure, on était sur [la place] Carnot… du bicot, du nègre, du nègre, du bicot ».

Les quatre policiers municipaux les plus bavards dans la vidéo sont désormais suspendus. Les brutalités du flic de la police nationale, elles, font l’objet d’une plainte confiée à l’IGPN. Quant à l’ancien maire de droite, qui avait eu connaissance de l’enregistrement avant sa défaite aux municipales de mars dernier… il n’avait pas bougé le petit doigt.

De tels propos seraient une exception ? C’est ce que voudrait nous faire croire Cédric Michel, président national du Syndicat de défense des policiers municipaux. Ce que démentent les propos tenus par tous. C’est visiblement une ambiance parfaitement « normale » dans une brigade de police. Municipale ou nationale, la police est gangrenée par le racisme. Car l’institution policière d’un pays au passé colonial possède un ADN raciste, un racisme qui entretient le poison de la division sociale sur la base de la couleur de peau et des origines.

Un chef-brigadier membre du Rassemblement national

Cerise sur le gâteau de l’affaire, le chef-brigadier, ancien parachutiste, était membre du RN et responsable de son service d’ordre. Le 7 février encore, il était chargé de la protection de Jordan Bardella lors de la visite de celui-ci à Carcassonne. Le RN a vite fait d’annoncer son « exclusion »… une fois la vidéo publiée. Preuve au moins que le fait qu’un tel niveau de racisme soit rendu public est embarrassant pour un RN en pleine campagne de dédiabolisation en vue de la présidentielle.

Le maire RN, Christophe Barthès, bien facho et adepte lui-même des coups de poings contre les militants de gauche, a soutenu n’avoir jamais entendu cela de la part du chef-brigadier. Tu parles…

Arvo Vyltt