Lundi 7 septembre s’est ouvert devant la cour d’assises de Paris le procès de Loïk Le Priol et Romain Bouvier, deux militants d’extrême droite accusés de l’assassinat de l’ex-rugbyman international argentin et joueur du Biarritz Olympique, Federico Martin Aramburú. Le verdict sera connu le 25 septembre, l’homicide volontaire ne faisant aucun doute, le tribunal doit statuer sur la préméditation.
Dans la nuit du 18 au 19 mars 2022, l’ancien rugbyman était abattu en plein cœur de la capitale par deux ex-membres du groupuscule néo-nazi Groupe union défense (GUD). Cet homicide volontaire a fait suite à une altercation dans un bar où Aramburu et son ami et ancien coéquipier Shaun Hegarty ont subi des insultes racistes, telles que « vous n’êtes pas d’ici » ou « on est chez nous ». Une fois l’échauffourée terminée et les rugbymen ayant quitté le bar, Le Priol et Bouvier étaient partis à leur recherche, les avaient retrouvés non loin de là et avaient ouvert le feu, à dix reprises.
Ce que certains médias des milliardaires tentent de dépeindre comme une simple « bagarre qui a mal tourné » et que le principal accusé et responsable des tirs mortels, Le Priol, persiste à présenter comme un acte « d’auto-défense » est en réalité une exécution commise par des habitués de la violence raciste et politique.
Le Priol, 32 ans, est un ancien militaire. Commando marine, il avait notamment été accusé d’avoir tabassé et étranglé une prostituée lors d’une mission à Djibouti en 2015. Il avait alors été renvoyé de l’armée. C’est à son retour en France qu’il s’est engagé au GUD. Il y a rencontré Bouvier. Les deux ont alors passé à tabac et torturé un ex du GUD, ce qui leur a valu condamnation à deux et trois ans de prison. Chez Bouvier, les policiers de la brigade criminelle ont saisi une dizaine d’armes à feu de différents calibres, un exemplaire en allemand de Mein Kampf et une statuette d’Adolf Hitler.
Un avocat a fait remarquer pendant le procès que si, en février dernier à Lyon, la mort de Quentin Deranque, militant d’extrême droite néonazi, avait suscité des réactions indignées dans la classe politique, au gouvernement et dans la presse, celle d’Aramburú avait laissé, et laisse encore, ce beau monde indifférent. Une différence de traitement qui en dit long sur les prétendus soutiens de la démocratie et du droit, et doit nous conforter dans la vigilance et l’organisation contre l’extrême droite à l’heure où elle progresse partout dans le monde.
Michel Grandry