Ci-dessous l’intervention de Selma Labib au stand du NPA-Révolutionnaires à la fête de l’Humanité le samedi 12 septembre 2026. Pour la vidéo de l’intervention, suivre ce lien.
Je m’appelle Selma Labib, et je suis la candidate du NPA-Révolutionnaires à l’élection présidentielle de 2027. Merci au journal l’Humanité, aux militantes et militants du PCF d’organiser cette fête qui est le plus grand rassemblement populaire et politique de l’année, et de nous permettre de nous y exprimer, et y compris d’exprimer haut et fort nos désaccords fondamentaux avec cette gauche institutionnelle dont la FI de Mélenchon et le PCF de Roussel.
Je suis pas députée, ni sénatrice, ni parlementaire européenne. Je suis juste une travailleuse, une militante communiste révolutionnaire, comme il y en a des centaines de milliers dans le monde, de ceux qui ne baisseront jamais la tête. Une travailleuse parmi les millions qui se lèvent tous les jours pour aller faire tourner la société et à qui on fait comprendre toute leur vie que la politique, c’est pas pour eux. Qu’on n’entend jamais parler dans les médias. Mon travail à moi, c’est de conduire des bus. Hier j’emmenais les gens au travail ou faire leurs courses pour la RATP, depuis un mois, je le fais pour le compte de Keolis, parce que tous les salariés des dépôts de bus de la RATP ont été transférés dans le privé, dans différentes boites, dont la filiale de la RATP elle-même qui tire les plus grands bénéfices de cette ouverture à la concurrence en ayant récupéré dans sa filiale privée les trois quarts des lots. Personne ne nous a demandé notre avis. Tu acceptes le transfert, ou tu te fais licencier.
Tous les patrons du transport, le mien, Keolis, les filiales de la RATP, Transdev, ATM transports milanais, tous se partagent le marché du transport en Île-de-France sous l’œil et la protection bienveillante d’Île-de-France Mobilités, qui fait payer aux voyageurs 100 euros par mois un service utile à tous les travailleurs, et chacun impose dans son pré carré des dégradations de nos conditions de travail et du réseau de transport. Le leitmotiv, il n’est pas très original, mais c’est l’une des meilleures armes du patronat, c’est diviser pour mieux régner. Et face à nous, c’est un patronat de combat. Dans ma boite, ce sont des méthodes d’intimidation, des plannings au dernier moment, des erreurs sur les fiches de paye – mais bizarrement c’est toujours à la baisse ! –, des chantages à la prime qui diminue pour toute forme d’absence, depuis l’accident de travail jusqu’à la grève. Et pour pouvoir mettre en œuvre tout ça très tranquillement, IdFM, la RATP et toutes les filiales privées ont bien ficelé les choses : pendant les trois premiers mois du transfert, pas d’organisations syndicales représentatives et une entrave au droit de grève.
Et malgré tout ça, malgré tout ce plan extrêmement ficelé par l’État et par le patronat, dans ma boite, avec 500 de mes collègues, on a donné notre avis. On a donné notre avis quand personne ne le demandait et quand on nous imposait plutôt de fermer notre bouche. On l’a donné par le seul réel moyen d’expression des travailleurs et des travailleuses. Ce jeudi et vendredi, on était en grève, malgré les coups de pression, malgré les communiqués d’intimidation de l’entreprise, malgré les menaces d’absence irrégulière. Une grève d’avertissement à nos patrons. Une grève pour dire qu’on n’a pas peur d’eux, et qu’on n’acceptera aucun nouveau recul : ni sur nos salaires, ni sur nos conditions de travail, ni sur l’offre de transport pour tous les travailleurs qu’on prend tous les jours dans nos bus.
C’est pour ça que je me présente à l’élection présidentielle. Pour montrer qu’en tant que travailleur, on n’a pas besoin d’attendre qu’on nous demande notre avis. C’est nous qui faisons tout tourner, et notre avis, notre réalité, ce dont on a besoin pour vivre, les difficultés auxquelles on fait face, on va pas les réclamer, on va les imposer !
Celui qui pourrait vous dire tout ça aussi, c’est mon camarade Gaël Quirante, que la Poste a licencié pour son activité syndicale mais qui continue à se battre aux côtés de ses collègues. Personne ne va nous éteindre et on portera ça y compris à l’élection reine de leur république du fric.
Cette élection, elle a déjà déraillé avant même d’être lancée. On a vécu un été infernal, entre les canicules et les feux. On a vu l’incurie de l’État qui coupe dans tout ce qui est utile pour financer les subventions aux patrons d’un côté et les militaires et les marchands d’armes de l’autre.
On a vu l’indécence des patrons, qui ont tout fait pour minimiser leur responsabilité dans ces crises, comme si le changement climatique n’était pas une conséquence directe du système capitaliste. Ils ont minimisé leur responsabilité face au réchauffement climatique, et en plus ils nous ont imposé des conditions de travail devenue indécentes sous la chaleur et dans les feux !
Spéciale dédicace aux patrons bordelais, de Keolis à la Poste en passant par Lidl, qui ont fait poser leurs propres congés aux pompiers volontaires qui partaient combattre les feux et aux salariés sinistrés qui ont perdu leur maison. On n’oublie pas, on ne pardonne pas.
Après un tel été qui nous a rappelé le Covid, pendant lequel les essentiels étaient en première ligne sans moyens et les bourges planqués sur des yachts ou dans des chalets en altitude, on aurait pu croire que les politiques allaient se sentir tenus de faire profil bas au moins pour gratter des voix l’an prochain.
Mais même pas ! Ils étaient sept, de Mélenchon à Le Pen, à lancer leur campagne devant le Medef. Et pas un seul pour noter que, en théorie, le suffrage censitaire avait été aboli il y a quelque temps et que les grands patrons n’étaient pas censés choisir directement celui ou celle qui allait défendre leurs intérêts capitalistes. En théorie. Ou au moins, pas en direct à la télé. Eh bien si !
Et on a eu du beau spectacle. Comme un spectacle canin, avec un peu d’acrobatie et beaucoup de démonstrations d’obéissance. Mélenchon, après avoir rassuré l’auditoire en rappelant la liste de ses amis patrons, au premier rang duquel le marchand de mort Dassault, a tenté de convaincre le CAC40 qu’augmenter les salaires pourrait leur être profitable. En gros, qu’il faudrait nous donner quand même un peu l’aumône sinon… Rires dans l’assistance.
Ces patrons qui se marrent, ça nous a tous mis la rage. Mais dans le fond, tout militant syndical le sait bien. Leur dialogue social est une comédie. Ils passent du temps avec nous dans une salle ,mais dès que la porte est fermée, ça les fait marrer. Eh bien, la fausse naïveté de Mélenchon a montré cette vérité à tous ceux qui regardaient. Tant mieux.
Je sais que Mélenchon a lancé sa campagne avec un concept nouveau, une « politique de l’amitié ». Eh bien, cette politique de l’amitié elle ne marchera pas face aux patrons. C’est une illusion de croire qu’une élection, un président, des syndicalistes à froid vont les convaincre de nous lâcher quoi que ce soit. Une illusion dangereuse, car une illusion qui démobilise.
Aucun bulletin de vote ne nous économisera des kilomètres de manif. Il ne faut pas faire ami-ami ni avec Dassault, ni avec le patron de Danone, ni avec le financier de gauche Mathieu Pigasse. Il faut une politique de la confrontation contre le patronat !
C’est une des raisons pour lesquelles mes camarades m’ont demandé de représenter le NPA –-Révolutionnaires dans cette campagne, pour que ce soit une travailleuse qui développe un programme de lutte pour sa classe.
Un programme pour les luttes qui sont nécessaires dès maintenant, avant et après l’élection, qui sont les seules qui peuvent changer quelque chose en bien pour nous. Un programme pour nos luttes et pas des promesses électorales !
De la gauche de Hollande à l’extrême droite, les candidats n’ont comme promesses que du sang et des larmes, l’austérité à tous les étages, la retraite à 67 ans et j’en passe. Il y a au moins deux mesures dégueulasses sur lesquelles ils sont tous d’accord, de Glucksmann à Le Pen en passant par Attal, Retailleau, Philippe. Numéro un, la retraite par capitalisation. Sarah Knafo, la raciste zemmourienne qui prône l’union des droites, a sorti sa calculette et prétend qu’un salarié à 2000 euros net pourrait être un retraité millionnaire s’il avait investi ses cotisations en bourse. Mais les calculs ne sont pas bons Sarah ! Demande aux ouvriers américains qui ont perdu toute une vie d’économie en 2008-2009 dans la crise des subprimes ! Le Wall Street Journal, The Economist n’arrêtent pas d’alerter sur la crise financière qui vient. C’est sûrement ça qui pousse ces larbins des capitalistes à vouloir nous faire les poches, pour renflouer le casino de la finance ! Pas question !
La deuxième mesure qui rassemble tous ces gens, c’est François Hollande qui l’explique le mieux dans son dernier livre, Unir. Unir le camp du patronat contre les travailleurs, c’est tout à fait le souvenir qu’a laissé Hollande président. Il propose de baisser voire supprimer les cotisations sociales pour augmenter le net. Refrain repris par Le Pen et tous les autres.
Mais ils nous prennent vraiment pour des lapins de trois semaines ? On est bien placés pour savoir qu’il y a un gros problème de salaires. Mais on ne va pas renoncer ni à notre retraite, ni à notre couverture maladie, ni à notre assurance chômage pour pouvoir faire le plein ou acheter des légumes. C’est quoi cette alternative ? Crever la dalle maintenant ou crever d’un cancer faute de pouvoir payer le traitement plus tard ? Pas question !
Il faut augmenter les salaires et les pensions de 400 euros par mois pour tous et toutes. Il ne faut pas un seul revenu sous les 2000 euros net. Et il faut que le brut et le super-brut augmentent en conséquence. Oui ça va coûter un bras au patronat et ce n’est que justice, car ils servent à quoi les bras du patronat ? C’est nous les travailleurs qui faisons tourner la société, alors ce sera fromage et dessert, on ira chercher notre dû, en net et en brut !
Du coup ces candidats de gauche, de droite et d’extrême droite que Hollande et Knafo aimeraient tant « unir », tentent de se racheter en se donnant une image de travailleurs. Édouard Philippe se met en scène sur ses réseaux en train de faire des frites. Attal, jeune élève privilégié de l’École alsacienne, veut nous faire croire qu’il a financé ses études à Sciences Po puis à l’ENA en faisant la plonge dans des restos et, lui, il sert des moules à la braderie.
Un les moules, l’autre les frites : deux ingrédients pour une même recette. On aurait pas pu faire meilleure symbolique.
Quant à Bardella, dont l’unique activité lucrative semble être de se maquer avec des héritières – de la nièce Le Pen à la princesse Marie Carolina de Bourbon des Deux-Siciles – il se prétend proche des travailleurs en se montrant aux côtés des patrons de la coordination rurale, un syndicat d’extrême droite tenu par des agriculteurs plutôt du genre moyens à gros.
Donc des patrons qui ne vivent que grâce au travail de leurs ouvriers agricoles. Bah oui, l’avenir appartient à ceux qui ont des salariés qui se lèvent tôt !
Ils tentent de se donner une image de proximité avec le monde du travail… Mais la plupart du temps ils confondent volontairement les travailleurs et les patrons. C’est à ça que ça mène de prendre ses ordres directement au Medef. Classique de la droite, vous me direz.
Mais la conversion de Le Pen à ce qu’ils appellent le réalisme économique et que je traduis par la brutalité patronale est spectaculaire – même si elle n’étonnera que les naïfs qui ont pu croire à la démagogie de cette héritière multimillionnaire. Le Pen annonce la couleur : dure avec les plus pauvres et les plus opprimés, mais si douce avec les puissances de l’argent. Comme sa collègue Meloni en Italie et comme son malfaisant patron Trump aux États-Unis.
Son dernier numéro de claquettes est quand même édifiant : comme elle a dû céder aux exigences du Medef, y compris sur la retraite puisque vous avez noté comme moi qu’elle propose 42 ans de cotisations, soit à peu près la situation actuelle – partir à 62 ans dans ces conditions, pour beaucoup d’entre nous, dont moi, qui avons décroché tard le premier CDI, c’est partir avec le minimum vieillesse.
Elle cède donc sur les retraites même si ces ingrats de patrons en demandent toujours plus, et dès le lendemain, pour faire passer la pilule, elle sort deux mesures de son chapeau : l’interdiction du voile dans la rue et un référendum pour instaurer la préférence nationale.
C’est du pur racisme ! Point à la ligne. On vit dans un univers médiatique parallèle où Marine Le Pen peut prétendre sans être contredite qu’elle est antiraciste. Mais le RN est toujours le FN du père Le Pen, fondé par des Waffen SS et des tortionnaires d’Algériens. Regardez la vidéo des flics de la police municipale de Carcassone, mairie RN, qui transforment leur patrouille en ratonnade. C’est ça Le Pen ! Regardez l’assassinat en plein Paris du rugbyman argentin Federico Aramburú par des nazillons du GUD, ex-responsables au RN. C’est ça Le Pen ! Et regardez les vidéos de ses partisans décérébrés qui n’ont pas lu les dernières circulaires internes sur la dédiabolisation et qui braillaient cet été « Le Pen au pouvoir, les Arabes à l’abattoir ! »… Face à cette vermine, une seule réponse : « Les travailleurs au pouvoir, la peste brune à la poubelle de l’histoire ! »
Ce racisme entretenu par en haut est une diversion et une tentative de division de notre classe travailleuse. C’est l’arme des patrons et des milliardaires, qui est agitée par les politiciens à leur service.
Le Pen est bien la raciste en chef mais sous son influence, Macron et ses clones s’y sont mis, et pas qu’un peu ! vous avez vu Philippe et Lecornu se pavaner à Mayotte en accusant les Comoriens de tous les maux alors que l’État français n’a même pas été capable de résorber les dégâts de l’ouragan Chido depuis un an et demi ! Au moment où une enquête indépendante vient de révéler les agissements criminels des flics de Mayotte qui tamponnent les embarcations de fortune des réfugiés ! En plein procès de la marine de Macron qui a volontairement laissé crever 31 migrants dans la Manche en 2021, au mépris du principe fondamental de l’obligation d’assistance en mer !
Vous avez vu Attal tenter de se donner une image de dur en allant provoquer des voyageurs !
Et même la gauche – rappelons-nous de Valls et Hollande quand ils étaient au gouvernement. Oui la gauche, dès qu’elle est au pouvoir, non seulement attaque les travailleurs comme la droite, mais elle transige avec le racisme d’État, elle l’entretient. C’est aussi en cela qu’elle a la principale responsabilité dans la montée de l’extrême droite.
Pas seulement en France. On a tous été sidérés par les 44 % de l’AfD en Saxe-Anhalt la semaine dernière. Mais moi, j’ai été encore plus sidérée de voir Le Monde expliquer que c’était le « symptôme d’une maladie chronique de la démocratie allemande » ! Au pays de Le Pen, de Papon et de Pétain, on ne va pas se consoler en disant que l’extrême droite est une spécialité allemande. Par contre, les socialistes allemands, oui, ils ont pavé la voix à l’AfD, exactement comme le PS français a offert un boulevard à Le Pen. Exactement comme le PS espagnol de Sánchez, qui se prétend le gouvernement le plus progressiste de l’histoire, mais qui n’a pas trouvé le temps en huit ans d’exercice du pouvoir d’abroger la retraite à 67 ans, fait monter en flèche Vox et tous ses partisans néo-nazis ou néo-franquistes. Ils profitent de la crise de Ceuta pour capitaliser sur le sort des 10 000 jeunes travailleurs marocains qui sont coincés dans l’enclave, laissés à l’abandon dans un trou noir administratif, sans le droit de travailler, sans logement, sans rien. Tout ça parce que le « gouvernement le plus progressiste du monde » n’a pas eu le courage politique de les accueillir dignement en tant que travailleurs et travailleuses en Espagne.
Le racisme, que ce soit sous la forme de l’islamophobie, de l’antisémitisme, ou du suprémacisme blanc comme au temps des colonies, ça ne se discute pas, ça se combat !
Ça se combat d’un point de vue moral c’est vrai, mais pas seulement. D’un point de vue stratégique aussi. Parce qu’on réfléchit en tant que travailleurs et on pense rapport de force. Ils ont les millions, mais nous sommes des millions, des millions qui produisons tout. Elle est là notre force. Dans notre unité dans l’action de classe. L’union fait la force !
Et notre camp social, le monde du travail, du public, du privé, en CDI, intérim ou CDD, en formation comme les lycéens ou les étudiants, ou en fin d’activité, ayant enfin droit à un repos bien mérité, ou encore privé d’emploi par les licenciements en masse et la surcharge de travail…
Eh bien cette classe ouvrière, elle n’a pas le droit d’être raciste, comme elle n’a pas le droit d’être sexiste. Parce qu’au boulot on est mélangés, de différentes origines, de différentes nationalités, sans religion ou de différentes religions, avec ou sans papiers. L’union fait notre force pour combattre pour nos intérêts contre le capital.
Vous comprenez pourquoi je ne parle pas de « nouvelle France ». Je comprends l’hésitation de certains d’entre vous à voter pour la FI qui a au moins le mérite de mettre en avant un pays « créolisé » plutôt que le racisme à vomir de tous les autres. Mais la France n’est pas mon sujet, et ça ne devrait pas être le sujet de travailleurs conscients de leurs intérêts.
La France des cinq continents, comme dit Mélenchon, c’est le bleu blanc rouge du colonialisme en Kanaky-Nouvelle-Calédonie, à Mayotte, mais aussi en Martinique et en Guadeloupe et dans tous les pays d’Afrique où l’armée conserve des bases et où l’administration exerce des pressions économiques. La France, ça mélange les travailleurs et les patrons, mais comme ce sont les patrons qui décident, ça se confond avec la politique des patrons.
La France c’est donc le retour du service militaire, c’est un record de dépenses militaires pour préparer des guerres impérialistes qui ne sont pas les guerres des travailleurs mais des guerres pour les profits, c’est 10 000 réfugiés noyés dans la Méditerranée et la Manche chaque année.
Nous, on ne dit pas la France, qu’elle soit bien rance ou soi-disant nouvelle, on dit : « À bas le militarisme, pas un homme, pas une femme, pas un euro pour les guerres impérialistes, liberté de circulation et d’installation, régularisation de tous les sans-papiers ! » C’est notre façon de maintenir le drapeau que Karl Marx avait levé en premier : « Travailleurs de tous les pays, unissez-vous ! »
Alors oui, on lance cette campagne et on va prendre tout le temps qu’il faudra de vous convaincre de voter pour nous. Il faut que la force des travailleurs, notre nombre, pèse y compris dans les urnes des bourgeois. Mais on lance la campagne aussi avec un message immédiat : il ne faut pas attendre 2027. Ne rien attendre de 2027 et ne pas attendre 2027 pour agir.
Le nouveau budget d’austérité c’est maintenant. Il paraît que ça rend Lecornu fébrile. Au point que, sous la pression du patronat, dit-il, il vient d’annoncer la suppression de la taxe sur les profits des grands groupes. Le même qui taxe les malades victimes d’affection longue durée, qui rackette les chômeurs, qui a coupé les budgets des pompiers et de toutes les collectivités, fait un nouveau cadeau aux grands groupes capitalistes. Sous la pression : à notre tour de la mettre la pression !
Ils coupent dans tout et particulièrement dans l’éducation depuis 40 ans. 30 par classe en primaire et au collège, 35 au lycée. Et quand le classement Pisa montre les conséquences de cette politique avec la baisse du niveau des connaissances… ils accusent l’usage que font les jeunes des réseaux sociaux ! Les mêmes qui expliquent aux profs et aux AESH comment faire plus avec moins de moyens ne sont jamais responsables de rien !
Les conséquences du réchauffement et les efforts pour que l’adaptation soit aussi dans les logements populaires et sur les lieux de travail, c’est maintenant. À ce propos, vous vous souvenez peut-être que le gouvernement avait annoncé 60 millions pour l’isolation thermique des écoles pendant la canicule de juin ? Très insuffisant pour les 60 000 établissements scolaires du pays puisque ça fait 1000 euros chacun et qui va isoler quoi avec 1000 euros ? Eh bien un décret est sorti en août qui a ramené cette somme à seulement 16 millions d’euros ! Alors on attend de nouvelles promesses non tenues par le prochain président au prochain coup de chaud, ou on prend nos affaires en main ?
Pour que nos salaires suivent au moins l’inflation galopante, c’est maintenant. Pour que la crise financière qui couve ne transforme pas la vague de licenciements en un tsunami, pour imposer l’interdiction des licenciements, c’est maintenant que ça se joue aussi. Et je le dis ici à la fête de l’Humanité aux camarades du PCF : le partage du travail entre tous, sans perte de salaire, pour en finir avec le chômage est une revendication fondamentale, qui a toujours été mise au premier plan par les communistes depuis Marx. Marx qui disait : « Le règne de la liberté commence seulement là où l’on cesse de travailler par nécessité. » Surtout quand le travail est contraint par la nécessité de profits patronaux. Il est indigne pour un candidat qui se réclame « communiste » comme Fabien Roussel d’expliquer sur un plateau télé que les 32 heures ne sont pas sa priorité mais « un horizon ». Camarades, vous le savez aussi bien que moi, les 35 heures de Jospin ont été une grande arnaque pour les salariés. Une mesurette de diminuer le temps de travail de seulement 10 % en échange d’une flexibilité dont on paye le prix tous les jours. Alors non, deux fois non : d’une, les 32 heures ne sont certainement pas un « horizon » désirable et de deux, oui il faut drastiquement diminuer le temps de travail sans perte de salaire et sans augmentation de la charge de travail, sous le contrôle des salariés eux-mêmes, et c’est une priorité de l’imposer au patronat licencieur !
Ce programme de lutte il se joue dans la rue et sans attendre. Je vois pas mal de jeunes dans l’assistance, certains sont peut-être étudiants : mobilisez-vous les 15 et 29 septembre pour l’abrogation de cette mesure raciste inspirée par Le Pen, que le gouvernement a osé appeler « bienvenue en France » mais qui ferme la porte aux étudiants étrangers les plus pauvres – et qui préfigure l’augmentation des frais d’inscription pour tous. Ce n’est pas le NPA-Jeunes qui le dit mais un rapport du Sénat qui vient de sortir et qui préconise d’en finir avec l’idée que le bac donne accès aux études supérieures et de multiplier les frais d’inscription par dix. Les sénateurs n’en ratent pas une, puisque dans le même rapport ils indiquent que ces mesures auraient aussi l’avantage, je cite, « de protéger l’université des dérives militantes » ! Je ne crois pas que les sénateurs LR parlent de l’UNI ou de la Cocarde puisque, eux, ce sont leurs gosses. Alors pour ce combat comme pour les autres, rejoignez le NPA Jeunes Révolutionnaires, pour du militantisme qui ne dérive pas !
Et à tous les salariés, retraités et privés d’emplois qui m’écoutent, je vous appelle à populariser sur tous les lieux de travail la nécessité d’un mouvement d’ensemble de grèves et de manifestations, à commencer par participer tous et toutes à la journée du 29 septembre, cette journée de grève des pompiers en colère d’avoir été envoyés en première ligne sans moyens, journée appelée aussi par les syndicats de la fonction publique.
Qu’on en soit tous, de tous les secteurs, car nous avons les mêmes problèmes, les mêmes adversaires et les mêmes revendications.
Le secteur social, dont le Samu social de Paris qui a passé les deux mois d’été dans une grève longue et victorieuse, sera à nouveau mobilisé, encore plus largement le 15 septembre.
Dans beaucoup d’écoles, de collèges et de lycées, les profs ont déjà prévu grèves et débrayages pour obtenir des moyens pour une éducation digne surtout dans les zones les plus pauvres.
Oui, des luttes existent sur tous ces fronts et tant mieux. Il faut aussi qu’elles se rassemblent. Et le 29 septembre est une occasion pour ça.
Non il ne faut pas attendre 2027 et notre programme de lutte est pour ici et maintenant. Ça ne nous empêche pas d’avoir un projet de société à long terme, et c’est ce projet qu’on a envie de populariser aussi dans ces élections. C’est aussi pour ce projet qu’on vous invitera à vous prononcer dans les urnes.
Nous nous battons pour une société sans exploitation et sans oppressions. Sans frontières ni patrons. Une société communiste, où ceux qui produisent tout, décident enfin de tout.
Derrière les écrans de fumée lancés par les politiciens et par les médias des milliardaires, il y a un fait fondamental : c’est le patronat, et je ne parle pas des boulangers ou des paysans mais du grand patronat, le CAC40 et ses actionnaires, les milliardaires, les banques qui dirigent la société dans un seul but : augmenter leurs profits.
Cette dictature du capital emmène toute l’humanité dans le mur. Le mur de la catastrophe climatique et environnementale en général. Et le mur de leurs guerres qui sont le prolongement de leurs concurrences capitalistes, qu’on voit en Ukraine, en Iran ou d’une autre façon en Palestine et qui vont se multiplier si on ne les empêche pas.
Oui c’est notre action de classe qui peut être décisive dans l’alternative qui est devant nous et que nous résumons par la formule « socialisme ou barbarie ».
Face au pouvoir des patrons, il n’y aura pas de demi-mesure, pas de capitalisme à visage humain. Seule la voie révolutionnaire du renversement du capitalisme et de la mise en place d’un pouvoir des travailleurs et des travailleuses pourra nous sortir de l’ornière.
Les travailleurs au pouvoir commenceraient par faire payer les actionnaires et les milliardaires pour toutes les mesures d’urgence de survie de la majorité la plus pauvre de l’humanité. Les travailleurs au pouvoir n’utiliseraient pas l’IA pour abrutir ou licencier mais pour émanciper et planifier.
Les travailleurs au pouvoir prendraient soin de produire sans s’empoisonner eux-mêmes et sans empoisonner leur environnement. Les travailleurs au pouvoir partageraient le travail entre tous et toutes, en diminuant le temps de travail sans perte de salaire jusqu’à l’extinction du chômage.
Oui c’est à notre portée, c’est à la portée des 7 milliards d’habitants de notre planète au 21e siècle, 7 milliards dont la plupart savent lire et écrire, 7 milliards dont une majorité de jeunes connectés et qui ont bien des raisons de se politiser, 7 milliards dont une immense majorité de travailleurs, qui ont tous les moyens de l’emporter sur l’infime minorité de parasites pour, enfin, s’émanciper.
C’est nous qui travaillons, c’est nous qui décidons, alors pour un monde sans frontières ni patrons : urgence révolution !