À l’entrepôt Lidl où nous sommes plus de 300 à travailler, avec l’ordre de la préfecture d’évacuation de Cestas (distant d’à peine trois kilomètres) la logique voulait que l’entrepôt soit fermé. De toute la journée du dimanche 26 août la direction ne nous a envoyé aucune information. Les seules concernant la fermeture étaient pêchées par des jeunes, mais pour le savoir il fallait chercher sur l’application de l’entreprise, que la plupart d’entre nous n’utilise pas. Certains se sont donc rendus au travail… avec le GPS qui leur faisait esquiver les barrages de gendarmes et passer par les champs !

Les collègues venus au travail lundi n’ont pas été renvoyés chez eux, et ont travaillé pour Lidl : business as usual. Jusqu’au jeudi où les flammes étaient toujours aussi proches, Lidl a fait jouer ses contacts avec la préfecture pour obtenir l’autorisation d’ouvrir, des autorisations jamais publiques : il fallait croire Lidl sur parole. Ainsi mardi soir, nous avons reçu les premières communications de la direction, annonçant que l’entrepôt resterait ouvert. Dès lors, nous avions officiellement la « liberté » de venir, mais avec zéro rémunération pour ceux qui ne viennent pas. Drôle de liberté !

Lidl justifiait le maintien de l’activité par le caractère essentiel des livraisons alimentaires. Mais tous les produits périssables ont été retirés par la direction : ni produits frais, ni fruits, ni légumes. Or, on continuait à préparer les livraisons d’alcool… et les produits dangereux et chimiques ! Des marchandises jugées essentielles… pour faire le maximum de chiffre.

Une partie des CDI mutés ont obtenu une prime de 200 euros à la fin de la semaine et une prise en charge de leurs frais. Ce qui est la moindre des choses. Les autres ont dû se contenter d’un « merci » du patron de l’entrepôt, chantant notre héroïsme, que nous sommes la seconde ligne derrière les pompiers. Par contre, aucune prime de risque, aucun protocole communiqué en cas d’urgence, et la perte sèche de salaire pour ceux qui auraient manqué des jours.

Quatre jeunes travailleurs de l’entrepôt