Visiblement, augmenter le budget de l’armée ne suffisait pas à Macron. Son ministre de l’Éducation, Geffray, a publié en catimini en juillet une circulaire pour mettre en œuvre dans les classes, le 11 novembre, une « Journée nationale de la commémoration de la victoire et de la Paix ». Le fait que le terme « victoire » vienne avant même celui de « Paix » n’est pas une simple maladresse : dans l’académie de Créteil, la réunion de rentrée du personnel de direction a en partie été pilotée par un général d’armée !

Pendant ce temps-là, les conditions réelles de rentrée sont toujours plus catastrophiques. Au lycée Mounier de Grenoble, ainsi, du fait du sous-effectif de personnel accompagnant les élèves en situation de handicap (AESH), 90 heures manquent pour pouvoir accueillir ces élèves. Au collège Charcot d’Oissel, quatre postes d’enseignants et deux d’AED ne sont pas pourvus. Au lycée de Baudre d’Agen, les effectifs de première montent à 37… Cela sans compter les multiples problèmes d’emploi du temps, obligeant certains établissements à reporter la rentrée, et les problèmes de connexion aux serveurs à cause du piratage de cet été.

Ici et là, et notamment dans des établissements qui n’ont pas l’habitude d’en faire dès la rentrée, des heures d’information syndicales se sont tenues. Souvent fournies, elles ont discuté de comment reprendre le chemin de la lutte, avec dans bien des cas le 29 septembre en ligne de mire. Des équipes plus remontées ont carrément voté la grève dès la rentrée. Ainsi au lycée Jacques-Brel de La Courneuve, le personnel sera en grève dès le 1er septembre contre des effectifs à plus de 30 en classe de seconde.