Trois jours après la grève massive des dépôts de bus et de tram d’Ivry, Vitry, Orly et Villeneuve-le-Roi, le nouveau patron Keolis, qui a remplacé la RATP au 1er août, a essuyé un revers en justice. Ce n’est pas sa semaine !

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En tant que nouveau patron, la loi prescrit à Keolis de maintenir les accords et usages locaux le temps que se tiennent les élections professionnelles, puis, des négociations avec les syndicats représentatifs. Mais la direction a tenté de dicter ses règles. Cette tactique du fait accompli imposait de passer au bulldozer sur ceux qui s’y opposaient : sanctions arbitraires et intimidations sexistes contre une déléguée syndicale sortante de la RATP.

Lorsque la fédération CGT des transports a déposé un préavis le 18 août dernier, la direction a affiché dans les dépôts que la grève était « illégale » et serait sanctionnée, sans même avoir pris la peine de saisir un tribunal. Lorsque les grévistes, comme l’impose la loi scélérate de Sarkozy sur le service minimum, se sont déclarés 48 heures à l’avance, ils ont été pointés en « absence irrégulière »… anticipée. Prétexte : KGPSO étant une « nouvelle » entreprise, aucun syndicat n’y est représentatif et personne ne pourrait donc déposer de préavis, obligation légale dans le secteur du transport de voyageurs. Cette lecture entrainerait la « suspension » du droit de grève dans l’attente des élections professionnelles. À force d’encadrer le droit de grève de préavis, « alarmes sociales » et autres « déclarations individuelles », le patronat croyait avoir réussi à… l’annuler purement et simplement !

Lundi 14 septembre, la justice, saisie par la fédération syndicale, a donné raison à la CGT, en ordonnant à Keolis de retirer sa communication mensongère : « L’opposition de l’entreprise suite au préavis de grève […] par une organisation syndicale représentative au niveau national et au sein de la branche professionnelle constitue un trouble manifestement illicite qu’il convient de faire cesser immédiatement. […] La société KGPSO a pris cette décision de façon unilatérale, sans saisir le juge de l’urgence. Or il ne revient pas à l’employeur de se faire, lui-même, le juge de la régularité d’un préavis de grève. » Les 500 grévistes n’avaient pas attendu cette décision favorable pour exercer leur droit de manière massive les 10 et 11 septembre : le droit de grève ne s’use que si on ne s’en sert pas !

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