Cela fait des années que La Poste n’y va pas avec le dos de la cuillère en matière de répression. Elle vient néanmoins de passer un nouveau cap cet été avec la révocation d’Alexandre Pignon. Alexandre est à la fois secrétaire de la CGT FAPT des Pyrénées-Orientales, syndicat majoritaire aux dernières élections professionnelles, et secrétaire du CSE de la région Occitanie du secteur de la distribution à La Poste, un établissement de 10 000 personnes. Il fait partie d’une équipe militante intersyndicale CGT-CNT-SUD qui, pendant le mouvement des retraites en 2023, a aidé à organiser des assemblées générales massives de grévistes et des blocages de centres postaux qui ont constitué des points de ralliement de la lutte y compris en dehors de La Poste. Un comité de soutien aux postières et postiers du 66 est toujours actif, autour de militantes et de militants qui ont l’habitude d’intervenir activement dans les services postaux.
La Poste s’attaque donc à la figure de proue d’un secteur du mouvement syndical qui est à la fois combatif et majoritairement soutenu dans les travées des bureaux de Poste. La révocation d’Alexandre pour des motifs liés à son activité syndicale constitue une attaque frontale contre les intérêts de toutes les postières et de tous les postiers : La Poste veut faire passer le message que personne n’est à l’abri, que dès que qui que ce soit mettra en cause son autorité, elles ou il risquera d’être licencié.
Si pour l’instant, la réaction des directions syndicales à La Poste est très timide, il existe un point d’appui militant pour contester cette offensive répressive : à la suite de la réussite de la manifestation du 20 juin contre toutes les formes de répression, organisée sous le mot d’ordre « Ils ne nous empêcheront pas de lutter », une réunion unitaire se tiendra le 16 septembre prochain et discutera de l’objectif de regrouper les luttes contre la répression à La Poste et plus largement.
Correspondant