Traduction de l’éditorial des camarades de Speak Out Now du 31 août 2026, disponible en anglais

Pour un nombre croissant de personnes, chaque visite au supermarché est devenue une épreuve traumatisante. Les prix des denrées alimentaires montent en flèche. Pour de plus en plus de gens, cela implique non seulement des repas moins nutritifs, mais aussi de sauter certains repas pour que les plus jeunes puissent manger. Parfois, cela oblige à ne pas manger pour pouvoir payer le loyer. Aux États-Unis, contrairement à d’autres régions du monde, ceci n’est pas dû à une pénurie alimentaire. C’est parce que la nourriture n’est accessible qu’à ceux qui peuvent en payer le prix.

Et parallèlement à la hausse des prix, la dérégulation en matière de sécurité alimentaire rend difficile de savoir ce qui est encore propre à la consommation. Des dizaines de milliers de personnes se remettent enfin de l’épidémie explosive de cyclospora, pour se retrouver confrontées à de nouveaux rappels de produits avariés – de la laitue aux œufs, en passant par le bœuf et les myrtilles. Nous ne devrions pas vivre ainsi !

Ce problème n’est pas nouveau. Ce système capitaliste privilégie les profits au détriment de nos besoins. La nourriture n’est pas produite pour nous nourrir, mais pour générer des profits. Et les denrées cultivées mais non rentables sont jetées au lieu d’être données à ceux qui en ont besoin. Le gouvernement de Trump a alloué encore plus de fonds à ses projets militaires et à ses ambitions de puissance mondiale, laissant beaucoup moins de ressources aux programmes sociaux. Doge, dirigé par Elon Musk, a procédé à des coupes drastiques dans les budgets des agences chargées de contrôler notre alimentation, notre santé et notre sécurité. Nous en voyons les conséquences. Les règles applicables aux grandes entreprises ont été assouplies. L’approvisionnement en nourriture et en eau est moins sûr ! Il y a moins de personnel chargé de détecter les parasites alimentaires et de surveiller la production de nourriture.

Les restrictions imposées cette année pour bénéficier des prestations du Programme d’aide alimentaire supplémentaire (Snap) ont encore accru la précarité d’environ 4 millions de personnes. Et comme les coûts de ce programme seront répercutés sur les États l’année prochaine, encore plus de personnes se verront refuser l’accès à une alimentation de base.

L’argent est là, généré par notre travail. Les bénéfices des entreprises atteignent des niveaux records, la Bourse est en plein essor et les milliardaires mesurent leur fortune en centaines de milliards de dollars. C’est une guerre contre notre existence même ! Et cela ne se limite pas aux États-Unis. Le gouvernement américain mène une guerre et impose des droits de douane sur les marchés alimentaires mondiaux. Cela aura des répercussions sur les petits agriculteurs, limitera les importations alimentaires et fera grimper le coût des denrées. La nourriture deviendra encore plus difficile d’accès pour beaucoup de gens.

Les guerres menées par les États-Unis rendent les marchés alimentaires plus instables. La perturbation des routes commerciales rend le transport maritime mondial totalement imprévisible. Et la guerre contre l’Iran perturbe l’exportation d’engrais et de leurs principaux composants, dont dépend le secteur agricole. L’année prochaine, il est certain que nous serons confrontés à des pénuries alimentaires encore plus graves, ce qui fera grimper les prix encore davantage et rendra la nourriture totalement inaccessible pour certains.

De plus, l’aggravation de la crise climatique détruit les terres cultivables partout dans le monde. L’utilisation effrénée des énergies fossiles pousse les conditions de survie à leurs limites. Les phénomènes météorologiques et les catastrophes naturelles sont plus violents et imprévisibles. Les vagues de chaleur, les sécheresses, les inondations et les feux de forêt menacent l’approvisionnement alimentaire mondial. La production céréalière et maraîchère, qui affecte également l’élevage et la production d’œufs, est à des niveaux historiquement bas dans une grande partie du monde.

Nos dirigeants ont créé un monde d’extrêmes. Les ressources en eau s’assèchent partout dans le monde. La fonte progressive des glaciers et de la neige de montagne pendant les mois les plus chauds alimente en eau des centaines de millions de personnes à travers le monde. Mais l’effondrement des glaciers peut entraîner des crues soudaines catastrophiques, qui, au Népal la semaine dernière, ont fait des centaines, voire des milliers de victimes et détruit des villes entières ainsi que des terres agricoles. Et d’autres inondations devraient suivre.

Ce ne sont pas des catastrophes naturelles. Ce sont les conséquences des actes criminels de ceux qui détiennent le pouvoir. Leur obsession pour l’enrichissement personnel revient à jouer avec nos vies et l’avenir de la vie sur notre planète. Déjà, partout dans le monde, plus d’une personne sur quatre est confrontée à une insécurité alimentaire modérée ou grave. L’insécurité alimentaire et la faim ne sont pas une fatalité ! Mais dans le cadre du système actuel, c’est une certitude. Lorsque le profit est la priorité absolue, le gaspillage fait partie intégrante du processus de production, la destruction du climat en est la conséquence, et nos besoins alimentaires fondamentaux ne sont qu’un produit de plus à vendre.

Les connaissances et les technologies existent pour que nous menions des vies très différentes, non pas marquées par la peur et le dénuement, mais par la créativité et l’engagement. Si nos besoins étaient prioritaires, remédier aux pénuries et au manque d’accès aux produits de première nécessité – et bien plus encore – serait au cœur de toutes nos actions. Et ce changement dépend de nous. Nous mettrions à profit notre connaissance des écosystèmes locaux pour développer une agriculture durable et moins gaspilleuse. Nous mettrions tous notre créativité, notre travail, notre temps et notre énergie au service du bien-être de chacun.

La Cyclospora n’est pas la seule chose dont nous devons nous débarrasser. Nous devons nous débarrasser de ce système, qui n’a montré aucun respect pour quoi que ce soit d’autre que l’accumulation de richesses.

Il faudra mener un combat, le combat de nos vies, car elles en dépendent, ainsi qu’une grande partie de la vie sur Terre.