
Éditorial de Speak Out Now du 14 septembre 2026, disponible en anglais sur leur site.
Lors de la toute première convention républicaine des élections de mi-mandat, le 9 septembre (qui a coûté près de 2 millions de dollars aux contribuables de Dallas), Trump a fait son show devant un public captif. Il a promis que chaque citoyen américain adulte recevrait 5 000 dollars si le Parti républicain conservait le contrôle de la Chambre des représentants et du Sénat lors des élections.
Pas mal pour un pot-de-vin, non ? C’est aussi un mensonge flagrant et évident. Quand Trump a-t-il jamais tenu ses promesses farfelues ? Il y a peu de chances que nous voyions cet argent un jour, même si assez de gens se laissaient avoir par cette arnaque.
L’arrogance affichée par Trump en proposant d’acheter l’élection n’est pas si différente de ce que les milliardaires font depuis toujours – mais ceux-ci le font plus discrètement. À ce jour, 615 millions de dollars ont été consacrés au financement des élections sénatoriales pour les prochaines élections de mi-mandat de 2026. Les super PAC (comités d’action politique) ont déjà versé 38 millions de dollars. Ces groupements sont autorisés à collecter des fonds sans limite pour financer les pubs électorales. Une grande partie de ce financement des campagnes provient de « l’argent noir » acheminé via des organisations à but non lucratif, créées pour recevoir des dons illimités de la part d’entreprises, de particuliers et de syndicats, et qui ne sont pas tenues de divulguer l’identité de leurs donateurs. Cela signifie que les riches et les puissants, comme Elon Musk et Peter Thiel, peuvent utiliser leur immense fortune pour acheter des élections sans laisser de traces. Et parfois, ils le font ouvertement. À ce jour, le PAC d’Elon Musk a dépensé 800 000 dollars.
Il reste encore deux mois avant les élections et il leur reste encore beaucoup d’argent à dépenser. Le super-PAC « MAGA Inc. » de Trump dispose de 350 millions de dollars en liquidités pour influencer les résultats. Souvent, le candidat qui remporte une élection est tout simplement celui qui a le plus d’argent. C’est ça la démocratie ? La démocratie des riches.
Quant aux voix qu’ils ne peuvent pas nous acheter, ils tentent de menacer ou d’empêcher ceux qui peuvent les exprimer. En avril, la Cour suprême a détricoté le Voting Rights Act de 1965, supprimant ainsi la représentation et les protections dont bénéficiaient les électeurs appartenant à des minorités. Par conséquent, des milliardaires ont investi des millions dans des efforts massifs de redécoupage électoral pour contrôler les résultats. Dans le Sud, c’est un retour à la violation des droits de vote de l’époque Jim Crow.
Fin août, la Cour suprême a confirmé le décret de Trump pour entraver le vote par correspondance et menacer les postiers qui ne se conforment pas à des exigences confuses sans rapport avec leur fiche de poste. Trump a promis de déployer la garde nationale et l’ICE dans les bureaux de vote. C’est une menace ouverte contre les électeurs. Et les États ont été habilités à renforcer leurs propres lois restrictives et supprimer des bureaux de vote, rendant l’accès à l’élection encore plus compliqué pour la population.
Ces attaques ne concernent pas seulement ce cycle électoral. L’assaut contre nos droits démocratiques s’inscrit dans une offensive globale contre les travailleurs, qui touche de plus en plus de couches de la société. Tous les services utiles à la population sont dépecés, réduisant l’accès à l’alimentation, aux soins, au logement, aux activités périscolaires et à d’autres services essentiels. Alors que le coût de la vie s’envole, les salaires ne suivent pas.
L’ICE et la police des frontières mènent des attaques terroristes au grand jour contre les travailleurs qu’ils identifient comme des immigrés, enlevant voire tuant des personnes en toute impunité. Et ceux qui se mobilisent pour les défendre sont criminalisés. Certains font désormais face à des procès ou risquent de longues peines de prison. C’est un avertissement pour nous tous.
Ces attaques contre nos droits ne datent pas d’hier. Elles sont simplement plus ouvertes. Ces droits ne nous ont pas été offerts. La Sécurité sociale, le droit de se syndiquer, le droit de vote, les droits civiques, les droits des immigrés, les aides sociales et la protection de l’environnement sont tous le fruit de mouvements sociaux et de la classe ouvrière à grande échelle. Et ces conquêtes ont été la cible d’attaques tant de la part du Parti républicain que du Parti démocrate. Tout comme ces droits sont le résultat de luttes de masse, dans la rue et dans les entreprises, nous pouvons et devons défendre chacun de nos droits démocratiques en mobilisant notre force.
Leur système capitaliste est en crise, et les patrons derrière Trump savent que les gens réagissent lorsqu’ils sont attaqués. C’est pourquoi ils nous menacent et nous retirent nos droits pour conserver leur emprise. Nous devons protéger toutes nos conquêtes, y compris le droit de vote. Mais pas parce qu’un nouvel élu nous sauvera. Leurs élections font partie de leur système de contrôle, mais nous pouvons nous organiser tout en utilisant ces droits.
En nous organisant pour défendre nos bureaux de vote, pour protéger nos familles et nos voisins pris pour cibles par l’ICE et nos postiers accusés d’ingérence électorale, nous renforçons également nos rangs et nos liens en vue d’un combat bien plus vaste. Nous avons une véritable démocratie à conquérir. Une démocratie de la majorité, de la classe ouvrière – une démocratie d’égaux.