Les pompiers sont en colère. Ils ont lutté en première ligne contre les mégafeux de l’été, plusieurs de leurs collègues ont été tués ou sérieusement blessés. Ils ne veulent plus seulement de la « reconnaissance » ou « des médailles ». Ils veulent des embauches massives de collègues sapeurs-pompiers professionnels, qu’ils chiffrent à 20 000 (3 000 de leurs collègues volontaires sont déjà titulaires du concours et ne demandent qu’à être titularisés), davantage de moyens techniques adaptés (des camions, des tenues, des Canadair…), la reconnaissance des risques spécifiques à leur métier, liés à l’exposition aux agents toxiques et cancérogènes et la prise en charge de l’usure physique et psychique liée aux missions, notamment pour l’âge du départ en retraite, qui comme pour tous les salariés a reculé de deux ans avec les dernières attaques des quinquennats de Macron. Un de leurs représentants syndicaux a déclaré : « Le gouvernement attend sûrement pour calmer la grogne qu’il pleuve mais, manque de chance, il y aura un automne de tempêtes. »

L’ensemble des organisations syndicales de pompiers appelle à une mobilisation d’ampleur à partir du 8 septembre : préavis de grève déposé jusqu’au 20 octobre, montée nationale et manifestation statique place de la République à Paris du 26 au 28 septembre et appel à rejoindre la grève de la fonction publique le 29 septembre. Comme les soignants dans les hôpitaux et les Ehpad, comme les instits dans les écoles, comme toutes celles et tous ceux qui ne veulent pas crever en raison des restrictions budgétaires décidées par les serviteurs de la bourgeoisie, il faudra en être ! Public, privé, jeunes, retraités, privés d’emploi, tous et toutes ensemble, en grève pour riposter sur un terrain de classe face à l’incurie des riches et des puissants.

Il faudra aussi grossir les rangs des manifestations appelées partout en France le 26 septembre par de nombreuses associations et collectifs sous l’intitulé « pour le climat, le vivant, la paix et la justice sociale ». Mais ce sera de notre côté, avec l’affirmation que pour atteindre de tels objectifs, il n’y aura pas de solution institutionnelle, pas d’aménagement possible au sein de ce système capitaliste, pas d’espoir électoral dans des frontières nationales, mais la nécessité d’un mouvement d’ensemble mettant en branle les travailleurs et la jeunesse et la perspective d’une société débarrassée de la propriété privée des moyens de production.

Marie Darouen