Changements de planning à la dernière minute – et même absence de planning à plus d’une semaine –, non-respect des temps de pause, tentatives de faire travailler pendant les coupures (temps de pause entre deux services), le tout en pleine canicule… Les travailleurs de la RATP « cédés » à Keolis dans le cadre de l’« allotissement » ont apprécié ces petites attentions de bienvenue de la part de leur nouveau patron !

L’allotissement, c’est le découpage de la RATP en « lots » attribués à divers groupes : sous l’égide d’Île-de-France Mobilités (IdFM), l’autorité organisatrice des transports. La RATP, avec sa filiale RATP Cap Île-de-France, a obtenu la majorité des lots, mais d’autres ont été attribués à Transdev, ATM et Keolis. Plus de 19 000 salariés sont concernés. La raison véritable ? Comme le dit Selma Labib, candidate du NPA-R à la Présidentielle et conductrice de bus transférée à Keolis, le but n’a « rien à voir avec une quelconque amélioration pour les usagers, mais vise à diviser les travailleurs pour permettre de remettre en cause les acquis des luttes de ces dernières décennies ».

Au 1er août, les dépôts d’Ivry et Vitry, ont ainsi basculé de la RATP à Keolis dans le cadre de la délégation de service public no 47. Au chaos introduit dans les plannings, s’ajoute une montagne de petites attaques. Vous aviez l’habitude de vous garer à l’intérieur du dépôt, ce qui ne gêne personne ? Interdit ! Pour en rajouter dans le flicage des employés, des pointeuses ont été installées aux terminus, les temps de pause obligatoires ne sont pas respectés, et l’on en passe. Chaos volontaire, donc, destiné à attaquer les travailleurs sur tous les fronts. Et l’absurdité de la concurrence capitaliste se répercute aussi sur les usagers : le nombre de bus immobilisés explose, la RATP ayant savonné la planche de son concurrent en retirant du dépôt les bus les moins pourris et en n’assurant aucune continuité dans les tâches et logiciels de maintenance et d’organisation du travail.

Tous ces changements se font en dehors du cadre prévu par le transfert, sans aucune communication ; alors la colère monte, de la maintenance aux conducteurs et contrôleurs, en passant par les cadres et les agents de maitrise.

Le tout en plein été, avec la canicule ! La RATP avait été mise en demeure au dépôt d’Ivry en juillet par l’inspection du travail à la suite de mesures de températures dépassant les 38 °C. L’exploiteur change, mais les fortes chaleurs ont continué, sans aucun aménagement du temps de travail, ce qui a mené à plusieurs malaises de collègues !

Un appel intersyndical à la grève a été lancé pour les 10 et 11 septembre. La direction a répliqué en contestant la validité du préavis de grève et menace de sanctions les salariés grévistes – de même qu’elle pratique un management agressif, y compris contre les anciens représentants syndicaux. D’autre part, elle a mis en place une « prime de mobilisation », des primes dégressives à la moindre absence, y compris pour accident du travail ou grève !

La nouvelle direction attaque tous azimuts. C’est son cadeau de bienvenue. À nous de la mettre rapidement dans notre bain, en lui souhaitant à partir des 10 et 11 la « bienvenue » de la meilleure façon qu’il soit !

Correspondant