Véronique Sarselli, présidente de droite de la métropole lyonnaise, rebondissant sur un fait divers sordide (un vol à l’arraché qui a provoqué la crise cardiaque d’un homme de 82 ans) a ressorti sa promesse de campagne d’une police des transports. À l’entendre, les transports en commun seraient devenus un lieu d’insécurité généralisée. Pourtant, malgré l’augmentation de la fréquentation du réseau, les atteintes aux agents TCL sont passées de 519 en 2014 à 256 en 2024. Du côté des usagers, les agressions et les vols avec violence sont passés de 342 à 113 sur la même période. Alors, pourquoi ce discours sécuritaire ? Parce qu’il est plus facile de désigner des boucs émissaires que de s’attaquer aux causes de la dégradation de nos conditions de vie : la précarité progresse, tout comme la grande misère. Voilà ce qui provoque de tels actes.
L’argent doit aller au développement de l’offre, pas à la répression. Le réseau vieillit. Les pannes et les problèmes de maintenance se multiplient. Les salariés subissent les conséquences du manque de moyens, tandis que les usagers en paient directement le prix. Il faut embaucher, améliorer les conditions de travail, entretenir les infrastructures, renouveler le matériel et permettre aux salariés comme aux usagers de voyager dans de bonnes conditions.
Sarselli propose par ailleurs la gratuité des transports pour les policiers, car, dit-elle, même hors service, ils pourront veiller à la sécurité des passagers. Mais déjà quand ils sont en service, ce sont bien souvent eux qui créent les problèmes, comme lors des nombreux contrôles d’identité qui dégénèrent chaque année.
Il faut la gratuité totale des transports en commun, sans distinction. Elle permettrait de faciliter les déplacements, d’éradiquer la fraude et les contrôles qui frappent d’abord les plus précaires. Elle augmenterait la fréquentation, favoriserait l’auto-contrôle des passagers, et ferait baisser les cas de violence, ce qui est démontré par les premières enquêtes sur les réseaux en accès libre : à fréquentation égale, les « incivilités » reculent.
À la démagogie sécuritaire, opposons la perspective de transports en commun accessibles, entretenus et placés sous le contrôle de celles et ceux qui les font vivre et les utilisent.
Marcel Smith