Nos vies valent plus que leurs profits

Autoroute A69 entre Toulouse et Castres : la justice du côté des actionnaires

Le 27 février 2025, l’ambiance était à la fête pour les opposants au projet de l’autoroute A69 reliant Toulouse et Castres : le tribunal administratif de Toulouse demandait l’interruption de ce chantier jugé illégal. En effet, sous prétexte de « désenclaver » la zone, ce projet est un désastre environnemental dénoncé par plus de 1500 scientifiques, et prévoit de faire payer aux habitants 17 euros de péage pour l’aller-retour, au lieu d’améliorer la route nationale existante ou l’offre ferroviaire. Présentée comme une « victoire historique », cette décision n’était en fait qu’un sursis : l’État et le concessionnaire Atosca ont fait appel, et ont obtenu gain de cause le 30 décembre.

La « victoire » semblait déjà bien fragile quand Atosca a obtenu en mai l’autorisation de reprendre le chantier en attendant la décision, et l’a fait à un rythme effréné : les centrales à bitume ont été mises en marche (ce qui montre une grande confiance dans le fait qu’elles serviront !) et les machines de terrassement ont privé les riverains de calme de 5 heures du matin à 23 heures tous les jours. Et peu importe si cette tranche horaire était illégale, le but d’Atosca étant d’avancer l’argument hypocrite du fait accompli : le chantier serait trop avancé pour être annulé… Autre preuve que les dés étaient pipés : le président et le rapporteur public qui ont été choisis pour l’audience sont ceux qui se sont prononcés pour l’A69 en février !

Les militants déterminés à continuer la lutte ont bien raison de chercher à utiliser tous les leviers possibles pour ralentir le chantier : les reportages sur le terrain prouvent que, contrairement à ce qu’affirme Atosca, le chantier n’est pas si avancé. Le bitume n’a pas encore été coulé, la nature peut encore reprendre ses droits sur le tracé. Mais aucune victoire ne sera acquise tant que le pouvoir sera entre les mains de ceux qui ne pensent qu’au profit ! Comme d’habitude, les vraies raisons derrière les faux prétextes ce sont les intérêts des riches, ici particulièrement les actionnaires du groupe Pierre Fabre. Les politiciens de la région Occitanie défendent bec et ongles ce projet qui coûte 530 millions d’euros (auxquels s’ajoutent 276 millions d’euros pour l’arsenal répressif contre les mobilisations !). Et ils osent prétendre que leurs décisions sont prises dans l’intérêt général !

Correspondante