Nos vies valent plus que leurs profits

Avec ou sans bambin, le TGV coûte un rein

Le renouvellement d’une offre commerciale « business class » sur la ligne TGV Paris-Lyon a été synonyme de bad buzz pour la direction de la SNCF. Alors que la polémique a enflé autour de l’interdiction de la présence d’enfants dans cette « super première classe », nous dénonçons précisément ce chemin de fer à plusieurs vitesses avec ses classes « optimum », ses premières classes, ses secondes classes et même ses troisièmes classes avec Ouigo, les TGV « low cost » du groupe SNCF.

Outre l’aspect choquant qu’il faille pour les classes populaires rogner sur le confort, les conditions d’échange et de remboursement des billets ainsi que sur la qualité des services pour espérer avoir accès aux trains à grande vitesse, cet étalement d’offres commerciales masque mal l’explosion générale des prix des billets de TGV, pour partie due à la pénurie organisée de rames. Il y avait 482 rames de TGV en circulation en 2012 contre 363 aujourd’hui. Même les TGV « low-cost » ne le sont plus vraiment, puisque le coût moyen du billet a augmenté de 45 % entre 2019 et 2023.

Nul besoin d’interdiction d’enfants, nous sommes déjà loin aujourd’hui d’un système ferroviaire accessible à tous, à la hauteur des enjeux écologiques et sociaux. Pour cela, il faudrait stopper les subventions massives au patronat et prendre sur les profits des grandes entreprises pour financer les investissements nécessaires dans le ferroviaire et la gratuité des transports publics.

Franck Rouvier