Durant le week-end des 21 et 22 mars, une fuite d’eau a ravagé les projets de plusieurs étudiants et une partie de l’atelier technique d’impression à l’école des Beaux-Arts de Rouen (Esadhar). Le robinet ayant explosé avait déjà été déclaré défectueux quelques mois auparavant. Le problème aurait pu être évité en le réparant correctement. Mais cela n’a pas été fait. Il s’agit de la deuxième inondation en un an et demi, l’année dernière les ateliers de quatrième année avaient déjà subi un dégât des eaux.
Cet accident n’est que la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Les étudiants, eux, se disent excédés depuis plusieurs années. Ils essaient de faire remonter les problèmes à la présidence de l’école qui ne règle rien. Depuis deux ans, une grande partie des toilettes ne fonctionne pas. Certains robinets ne sont pas non plus fonctionnels. Tous les ans, on demande aux nouveaux arrivants de ne pas toucher au plafond, car il y aurait de l’amiante. Depuis la rentrée 2025, les étudiants ont enfin accès à une cuisine (ne parlons pas d’avoir un restaurant universitaire…) après plusieurs années à se nourrir de plats rapportés de chez eux et ou achetés au supermarché du coin. Malheureusement, cette cuisine depuis six mois n’a aucun accès à l’eau. Dans la même veine, certains ateliers, comme les cours de gravure, se voient refuser par l’école le payement du matériel nécessaire pour pouvoir pratiquer, alors même que les inscrits à ce cours ont payé une inscription spécifique.
Le problème aujourd’hui ne résulte pas simplement de la présidence de l’école qui refuse ces achats par pur esprit de contradiction, mais du manque de financement pour les écoles d’art (et pas seulement) par le ministère de la Culture. Manque d’argent qui n’est pas étranger non plus à d’autres secteurs comme l’éducation nationale, les hôpitaux…
Un manque d’argent qui pourtant n’affecte pas le secteur de l’armement qui doit voir son budget augmenter de 413 milliard d’euros à 449 milliards pour la période 2024-2030. Visiblement il est plus facile d’obtenir un porte-avions à 12 milliards d’euros qu’un robinet à 30… reste à savoir lequel nous aidera à étudier.
Correspondante
