
Mardi 7 avril, Donald Trump menaçait d’« effacer une civilisation »… avant de conclure un cessez-le-feu avec l’Iran, moyennant la réouverture du détroit d’Ormuz. Mais après une première journée de négociations vendredi 10 avril, le vice-président des États-Unis, J.D. Vance, a claqué la porte. Le lendemain, Trump a menacé de refermer le détroit d’Ormuz, puis d’organiser un blocus des ports iraniens. Le prix du baril de pétrole a de nouveau bondi sur les marchés internationaux.
Si le cessez-le-feu en Iran et autour du golfe Persique est précaire, il ne concerne pas le Liban. Plus de 350 personnes ont perdu la vie dans les bombardements israéliens mercredi 8 avril, et encore des dizaines d’autres les jours suivants. Depuis début mars, le bilan est de plus de 2 000 morts.
Une guerre contre les peuples et les classes populaires
Trump prétend avoir obtenu une « victoire totale » contre l’Iran et son programme nucléaire. Mais, entre menaces de destruction totale, ultimatums, phases d’apaisement et main tendue au régime, il semble surtout en grande difficulté pour imposer sa loi, alors que ses alliés du Golfe veulent un retour au calme, que son partenaire israélien pousse en sens inverse, et que sa politique est massivement contestée aux États-Unis.
Personne ne pouvait sérieusement croire que les bombes de Trump et Netanyahou aideraient les classes populaires d’Iran à se libérer de leur régime oppresseur. Et de fait, il tient bon, pour le moment. Alors qu’en décembre et janvier, un soulèvement populaire avait fait trembler le régime, les bombardements n’ont abouti qu’à terroriser davantage la population et donner un prétexte au régime pour renforcer la répression. Depuis fin mars, au moins sept personnes arrêtées lors des manifestations ont été mises à mort et plusieurs dizaines, dont des mineurs, risquent l’exécution à tout moment.
À bas la participation française !
Les grandes puissances et leurs alliés ne défendent que leurs intérêts, leur mainmise sur les ressources et le fruit du travail des classes laborieuses. La France et les pays européens n’échappent pas à cette règle.
Macron a beau désapprouver la guerre, et même refuser certaines demandes de Trump, la France n’est pas moins partie prenante lorsqu’elle envoie en Méditerranée orientale et dans le Golfe son porte-avions, ses frégates et ses sous-marins, lorsqu’elle participe à des missions de surveillance et à l’interception de drones et de missiles, ou qu’elle se propose de déminer le détroit d’Ormuz.
Et si le gouvernement français s’émeut du sort du peuple libanais, c’est toujours pour dédouaner le gouvernement israélien du sang qu’il a sur les mains. Sa seule ambition est de maintenir son influence au Liban et l’implantation de ses grandes entreprises. Au risque de replonger le pays dans une guerre civile, qui aura pour cibles les classes populaires chiites du sud du pays.
En France, le gouvernement fait tout pour empêcher la dénonciation des crimes des puissances impérialistes et de leur complice israélien. C’est ce que montrent les intimidations et arrestations de militantes et militants de la solidarité avec la Palestine et le projet de loi Yadan qui assimile critique de l’État israélien et antisémitisme. Mais ici comme ailleurs, aucune mesure ne fera taire la révolte et la solidarité internationale des exploités !
Éditorial du NPA-Révolutionnaires du 13 avril 2026
À Paris, un rassemblement aura lieu à Paris ce vendredi 17 avril contre la guerre au Moyen-Orient et la participation française.
Rendez-vous à 19 heures place de la République.