Nos vies valent plus que leurs profits

Brésil : un procès qui dévoile le poids de l’extrême droite

La conseillère municipale de la gauche radicale Marielle Franco a été assassinée avec son chauffeur le 14 mars 2018 à Rio de Janeiro. Militante des quartiers populaires, elle avait été élue à la tête d’une coalition entre son parti, le Parti socialisme et liberté (PSOL, mêlant des courants révolutionnaires et une majorité issue de la gauche du Parti des travailleurs aujourd’hui au pouvoir) et le Parti communiste. Pour l’extrême droite, son crime était son opposition frontale aux expropriations violentes et illégales menées par des milices liées à la police fédérale. Afro-descendante, activiste des droits des femmes et de la communauté LGBT, d’extrême gauche, elle était la cible parfaite.

Une bourgeoisie violente et sans complexe

Les assassins se croyaient hors d’atteinte : ils avaient laissé leurs armes avec les numéros de série de l’arsenal de la police fédérale pour passer un message de terreur aux travailleurs et aux pauvres. Mais les assassins ont été jugés et condamnés. Plus inattendu, les commanditaires ont été jugés et condamnés sévèrement la semaine dernière. Les deux frères Brazao, militants d’extrême droite – l’un député et l’autre commissaire aux comptes – organisaient un escadron de la mort au sein de la police, mêlant corruption, affaires, et exécutions sommaires.

Ce procès est une petite victoire, bien que fragile. Le massacre d’au moins 120 personnes dans les favelas de Rio en novembre dernier est venu rappeler la politique ouvertement raciste et répressive que mène déjà l’extrême droite : Claudio Castro, le gouverneur de l’État de Rio, est en effet un dirigeant du Parti libéral, le parti de Jair Bolsonaro, l’ancien président aujourd’hui emprisonné pour sa tentative de coup d’État en 2023.

Pour stopper l’extrême droite, il faudra bien plus que des condamnations en justice et des bulletins de vote.