Nos vies valent plus que leurs profits

Caen : comme partout, la galère du logement s’invite dans la campagne !

Vendredi 16 janvier, des habitantes et habitants de logements gérés par Caen la mer habitat (CLMH) ont envoyé une délégation interpeller le bailleur social. Le chauffage est défaillant. Dans une tour du quartier du Chemin Vert, une pétition a été signée à l’unanimité par les locataires pour dénoncer la situation. Certaines et certains doivent allumer leur four la nuit ou payer des chauffages d’appoint. Le problème a été remonté il y a plusieurs mois, mais les cadres de CLMH rétorquent qu’il n’y a « plus de problématique générale » et se défaussent sur leurs prestataires censés résoudre les défaillances de chauffage, qui eux-mêmes affirment après relevés qu’il n’y a pas d’anomalie !

Les habitants d’autres quartiers populaires comme ceux de la Guérinière ou du Calvaire Saint-Pierre rapportent les mêmes difficultés.

Les bailleurs sociaux n’en ont d’ailleurs pas l’exclusivité

En plein centre-ville, des façades anciennes « chic » cachent parfois des immeubles insalubres, tel ce bâtiment dont le propriétaire bricole lui-même l’électricité : il a failli partir en fumée il y a quelques mois ! Un court-circuit avait déclenché un incendie que la locataire n’a été en mesure d’éteindre que parce qu’il a littéralement démarré sous ses yeux ! Celle-ci l’explique très bien : mère célibataire et cumulant plusieurs activités, son dossier n’est pas assez bien pour les agences immobilières (elle paye pourtant déjà 900 euros de loyer pour son taudis inchauffable…). Comme elle, les autres locataires ont été refusés partout ailleurs. Mais leur logement devient un piège dont ils ne peuvent partir à moins d’aller dormir à la rue – le délai pour avoir un logement social est d’environ quatre ans…

Il reste deux mois d’hiver. La lutte collective contre les vendeurs de sommeil pourrait bien réchauffer les locataires caennais.

Correspondants