Nos vies valent plus que leurs profits

Catastrophe ferroviaire d’Adamuz : la rentabilité contre la sécurité

Le bilan de la catastrophe ferroviaire survenue le 18 janvier à Adamuz, en Andalousie, est de 46 morts et 152 blessés. Si les causes exactes de cet évènement ne peuvent être encore exactement connues, une chose est sûre : son lourd bilan ne se comprend que replacé dans la logique de rentabilité qui pèse sur le transport ferroviaire.

La catastrophe d’Adamuz a été causée par le déraillement d’un TGV qui s’est ensuite déporté sur la voie opposée, où il a été percuté par un autre convoi. La rupture d’une soudure de rail semble être à l’origine de l’accident. Deux jours plus tard, dans la banlieue de Barcelone, un conducteur de train est décédé au travail après avoir heurté un mur de soutènement qui s’était effondré à la suite de fortes pluies. Depuis, Oscar Puente, ministre socialiste espagnol des Transports, martèle que le déraillement n’est pas dû à un manque d’investissements dans le réseau.Pourtant, cet été encore, le syndicat des conducteurs de trains signalait que « le mauvais état des infrastructures détériorait les trains » et que « l’usage intensif des lignes ferroviaires nécessitait une maintenance bien meilleure ».Il est vrai que le trafic ferroviaire a connu une très forte augmentation en Espagne, notamment grâce au développement du réseau et à l’arrivée de nouveaux opérateurs qui ont pratiqué des politiques tarifaires agressives. Entre 2021 et 2024, le nombre de voyageurs a été multiplié par trois, passant de 13,4 à 40 millions. Pendant ce temps, le budget alloué au réseau, lui, a progressé deux fois moins vite. De plus, une importante part de ce budget a été dédiée à la construction de nouvelles lignes et non à l’entretien de l’existant.

Les derniers accidents qui ont eu lieu en Espagne nous rappellent, en France, la catastrophe de Brétigny-sur-Orge qui avait fait sept morts en 2013. La SNCF avait été reconnue coupable d’homicides involontaires, notamment pour avoir ignoré ses salariés qui lui signalaient le nombre insuffisant d’agents d’entretien des voies sur le secteur.

En réaction aux catastrophes ferroviaires, et pour réclamer des mesures garantissant la sécurité ferroviaire, les cheminots espagnols appellent à la grève les 9, 10 et 11 février. Une mobilisation salutaire, car seule une lutte d’ensemble des travailleurs pourrait permettre de sortir de cette logique capitaliste qui fait primer la rentabilité sur la sécurité.

 

 


 

 

Nos vies valent plus que les profits des grands groupes du ferroviaire et du BTP !

Les derniers accidents qui ont eu lieu en Espagne nous rappellent que la course à la rentabilité, la multiplication des étages de sous-traitance, la politique du risque calculé, les économies sur la formation, le personnel et les matériaux font des ravages dans toute l’Europe. En Grèce, l’accident de Tempe (57 morts en 2023), et la tentative de maquillage des responsabilités politiques et patronales, a déclenché d’immenses grèves et manifestations l’an dernier. En France, malgré la reconnaissance de la culpabilité de la SNCF, rien n’a changé depuis la catastrophe de Brétigny-sur-Orge : exemple parmi d’autres, la CGT des cheminots de Toulouse vient de révéler que le 2 décembre dernier, dans l’Aude, 17 trains ont franchi à pleine vitesse un passage à niveau ouvert ! Pourtant, les salariés avaient signalé le nombre insuffisant d’agents d’entretien des voies sur le secteur…