La chanson « Les Mains D’Or », de Bernard Lavilliers, date de 2001. Elle décrit une vallée industrielle abandonnée, symbolisée par des cheminées muettes, des portails verrouillés et des wagons immobiles, évoquant la nostalgie et la désillusion des ouvriers exploités et réduits au chômage. Elle avait été étudiée en classe par des écoliers qui avaient décidé de la chanter lors d’un concert solidaire organisée le mois prochain dans la commune en soutien aux salariés de l’aciérie locale Erasteel, menacée de fermeture. Au nom de la « défense de la laïcité » l’inspectrice de l’Éducation nationale de Montluçon a jugé que cette initiative constituait un « prosélytisme » et une « atteinte à la neutralité » de l’école. Une décision qui a provoqué un tollé qui a dépassé largement les limites de la commune. Bernard Lavilliers a d’ailleurs fait savoir qu’il se rendrait sur place pour soutenir les écoliers. Devant les proportions que prenait l’affaire, le rectorat de Clermont‑Ferrand a jugé bon de faire machine arrière et de lever l’interdiction en confirmant qu’il n’y avait pas d’objection à chanter la chanson si elle s’inscrivait « dans un projet pédagogique » validé par les enseignants. Un nouvel exemple qui montre qu’aujourd’hui « la défense de la laïcité » peut servir à justifier n’importe quelle décision rétrograde.