Le Conseil fédéral suisse vient de reconnaitre que les autorités du pays avaient bien commis, au siècle dernier, un « crime contre l’humanité » à l’encontre des gens du voyage appartenant aux minorités Yéniches et Sintés-Manouches dans le cadre d’un programme dit « Œuvre des enfants de la grand-route ». La mise en pratique de ce programme a conduit, entre 1926 et 1981, à retirer à leur famille au moins 2 000 enfants placés de force dans des foyers, des familles d’accueil, des maisons de correction, voire des asiles psychiatriques souvent avec la complicité d’organisations caritatives religieuses. Certains adultes ont été mis sous tutelle, enfermés dans des institutions, interdits de mariage ou stérilisés de force. Au total, ces mesures racistes de coercition ont frappé plus d’une centaine de milliers d’enfants et d’adultes issus de ces minorités. Et si certaines victimes ont été indemnisées, aucun des responsables de ce crime odieux n’a été poursuivi.