Nos vies valent plus que leurs profits

Contre le capitalisme, mangeons libre de droit

Un samedi, pas bien réveillée, je me rends au marché comme chaque semaine. Le maraîcher chez qui j’achète mes légumes me prévient : « Tu me diras ce que tu penses de ces poireaux, c’est une variété traditionnelle, non améliorée. » Moi, naïvement, ou toujours pas réveillée : « Ok. Les améliorations, c’est genre pour qu’ils aient des qualités comme une meilleure résistance ou quelque chose comme ça ? » Le maraîcher me répond immédiatement : « non pas du tout, c’est pour gagner de l’argent, car ce sont des semences brevetées. Celle que je vends aujourd’hui est en quelque sorte tombée dans le domaine public »

Des poireaux libres de droits, donc ! Leur appellation officielle c’est « semence sans valeur intrinsèque ». Ces semences sont censées être interdites à la vente et réservées aux jardiniers particuliers. Car l’industrie agro-alimentaire entend bien pouvoir continuer à engranger des bénéfices, et compte pour cela sur les réglementations des politiques à leur botte la rendant incontournable… Sauf que certains maraîchers n’hésitent visiblement plus à s’affranchir de ces règles. Des petites résistances du quotidien comme autant de possibles pour un monde débarrassé du capitalisme.

Alors contre le capitalisme et pour la planète, vive les légumes libres !

Andrea Martin