
Qu’un Noir, Bally Bagayoko, soit élu maire d’une ville de plus de 100 000 habitants, Saint-Denis (93), parmi les plus pauvres de France (37 % des habitants sous le seuil de pauvreté…), et voilà que des égouts de l’extrême droite médiatique ressurgissent des tombereaux de merde raciste. « Famille des grands singes », « mâle dominant », « tribu primitive » : ce n’est pas des immigrés ou de leurs descendants français – eh oui, français ! – qu’ils parlent, c’est de leurs fantasmes réactionnaires de domination de la planète.
L’« élite » capitaliste, voilà la vraie racaille…
De prétendus « philosophes » de plateau et soi-disant « journalistes » se prennent pour des « rebelles », mais ils n’ont jamais vécu autrement qu’en larbins des riches. Ils jouent sur CNews aux porte-paroles du « bon peuple bien français », mais ils touchent pour leurs bons et loyaux services leur part de ce qui nous est extorqué par l’exploitation capitaliste. Ces minables expriment en fait la trouille de leur classe : la bourgeoisie.
Dans un passé pas si lointain, une majorité dans la classe capitaliste affectait d’être libérale, bien élevée, tolérante – le Macron en campagne au printemps 2017. Mais depuis une grosse décennie, trop de crises (climatique, économique, du vivant, des ressources, etc.) bouchent l’horizon. Alors le naturel revient au galop – tel Macron se révélant, une fois élu, brutal, fan de Pétain et de blagues racistes. Tout ce qui dénonce les oppressions est dénigré sous le label de « wokisme », tandis que l’écrivain raté Renaud Camus et son « grand remplacement » sont adulés par une fraction grandissante des classes dominantes.
… et Trump est son prophète
Aux États-Unis, les Elon Musk et autres Peter Thiel, milliardaire catholique intégriste et grand patron de la tech, ont porté Trump au pouvoir avec la mission de réaffirmer par tous les moyens l’hégémonie mondiale de l’impérialisme américain.
D’où les bombardements sur l’Iran, ciblant maintenant non plus des bases militaires, mais les hôpitaux, les ponts, les centrales électriques… Trump a promis de le « ramener à l’âge de pierre ». Le voilà l’homme des cavernes, mâle en mal de domination !
Lui et les milliardaires dont il est le représentant comptent bien nous faire payer leurs guerres, en faisant bondir les prix du pétrole et du gaz, c’est-à-dire la matière première de la majorité des produits industriels, sans parler du carburant de nos voitures.
L’unité de la classe ouvrière mondiale, voilà l’issue
Pour y parvenir, il leur faut renforcer le racisme par tous les moyens. Ce sont les rafles de l’ICE, la police anti-immigration militarisée de Trump, aux États-Unis. Chez nous, c’est la chasse aux sans-papiers, ces collègues de travail sans qui l’économie ne pourrait tourner, mais à qui les flics font raser les murs pour que les patrons les exploitent plus facilement. C’est aussi la campagne venimeuse qui prétend démasquer des « terroristes » derrière les soutiens du peuple palestinien.
Heureusement, nous sommes nombreux à refuser de tomber dans la division raciste dont le but ultime est de nous empêcher, nous travailleurs, d’unir nos forces. Le dernier week-end de mars, des centaines de milliers de Britanniques ont manifesté contre le racisme, tandis que 8 millions d’Américains défilaient contre Trump. Samedi 4 avril à Saint-Denis, nous étions des milliers à dire non au racisme. Ces manifestations montrent que l’issue est dans l’action collective.
Nous ne pourrons nous prémunir des crises qu’en les faisant payer aux responsables : les capitalistes. Il n’y aura pas de remède efficace à l’inflation sans grèves pour l’augmentation des salaires. Chaque hausse du gazole, des loyers ou de la nourriture doit être répercutée sur nos salaires et nos pensions ! Victorieux, nous ferons en retour reculer le racisme. Nous redonnerons tout son sens au vieux mot d’ordre « Travailleurs de tous les pays, unissons-nous ! »
Éditorial du NPA-Révolutionnaires du 6 avril 2026