Ci-dessous, un article de Libération
Mercredi 11 mars 2026, Samuel Ravier-Regnat
Blandine Chauvel, Mahel Pierot-Guimbaud et Marielle Saulnier se présentent dans la capitale, respectivement pour le NPA, le Parti des travailleurs et Lutte ouvrière. Mais leur campagne pâtit d’un manque de moyens et de visibilité dans les médias.
Ils étaient les seuls absents, le 4 mars 2026, de l’unique débat télévisé entre les candidats à l’élection municipale à Paris – les deux favoris, le socialiste Emmanuel Grégoire et la LR Rachida Dati, avaient refusé de participer mais avaient envoyé un remplaçant. A la tête de «listes de travailleurs», trois candidats de la gauche révolutionnaire mènent campagne dans la capitale de manière quasi silencieuse, faute de moyens et d’intérêt médiatique : Blandine Chauvel du Nouveau Parti anticapitaliste (NPA), Mahel Pierot-Guimbaud pour le Parti des travailleurs et Marielle Saulnier chez Lutte Ouvrière (LO). A eux tous, ils représentent moins de 3 % des intentions de vote dans les sondages.
«C’est nous qui faisons tourner la société»
Nul espoir, donc, de qualification au second tour. Mais une volonté de «porter la voix des travailleurs», comme l’explique la candidate NPA, Blandine Chauvel, elle-même assistante sociale à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière et syndicaliste à Sud.
«C’est nous qui faisons tourner la société, y compris à Paris. Mais personne ne nous représente dans cette élection», déplore-t-elle.
«Il faut que le monde du travail retrouve sa conscience de classe, la conscience qu’il est à la base de la production de richesse et que cela lui donne une force énorme, abonde l’infirmière Marielle Saulnier, également employée à la Pitié-Salpêtrière. En votant pour nous, il peut exprimer sa colère contre une société capitaliste qui nous exploite.»
Parce qu’une campagne municipale coûte cher, surtout dans la capitale, les représentants de la gauche révolutionnaire se contentent d’un dispositif minimal et, tout en concourant au conseil de Paris, se focalisent sur certains arrondissements. Si LO a organisé un meeting devant un millier de personnes, le 14 février à la Maison de la Mutualité, et présente des listes dans la quasi-totalité de la ville, le NPA ne concourt que dans trois arrondissements, qui figurent parmi les plus populaires : le XIIIe (où Blandine Chauvel elle-même est tête de liste, comme Marielle Saulnier pour LO), le XVIIIe et le XXe.
«Un manque démocratique très fort»
Idem pour la liste «Les coupes budgétaires à Paris, ça suffit» du Parti des travailleurs, qui prend le départ dans le XIIIe, le XIVe et le XIXe.
«Dans les autres arrondissements, on a décidé de ne pas y aller, parce que ce n’était pas stratégique et parce qu’on n’avait pas forcément les forces militantes pour le faire», explique le candidat Mahel Pierot-Guimbaud, étudiant en licence de philosophie. Les prétendants à la mairie de Paris doivent coucher 163 noms sur la liste centrale. Pour les arrondissements, le nombre attendu varie selon la population des territoires concernés.
Comme leurs concurrents, mais dans la mesure de leurs ressources, les candidats de la gauche révolutionnaire tractent sur les marchés, toquent aux portes et organisent des réunions publiques.
Sans parvenir le moins du monde à faire parler d’eux dans les médias.
«C’est assez effarant, se désole Marielle Saulnier. On porte des idées révolutionnaires, communistes, qui ne sont pas dans l’air du temps. Les médias préfèrent parler d’autre chose.» «C’est révélateur d’un manque démocratique très fort», souligne Blandine Chauvel, qui tiendra un meeting de campagne dans le XIIIe arrondissement vendredi, deux jours avant le
premier tour.